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Moyen Orient et Monde - Turquie

Nouvelle censure des réseaux sociaux après la mort d’un procureur

Le procureur Mehmet Selim Kiraz avait été retenu pendant plus de six heures par deux militants armés d’un groupe radical d’extrême gauche turc, le 31 mars dernier. Photo AFP

Les autorités turques ont ordonné, hier, le blocage des réseaux sociaux pour empêcher la diffusion de photos d'un procureur tué lors d'une prise d'otage, un an après une autre interdiction qui avait nourri les accusations de dérive autoritaire du gouvernement.
La décision d'interdire l'accès à Twitter et YouTube hier après-midi dans tout le pays par « mesure administrative », selon un message de l'Autorité administrative des télécommunications (TIB), est intervenue à la suite d'une décision du procureur d'Istanbul requérant le blocage de 166 sites Internet qui avaient diffusé la photo avec un pistolet sur la tempe du magistrat Mehmet Selim Kiraz retenu en otage pendant plus de six heures par deux militants armés d'un groupe radical d'extrême gauche turc. Dans sa requête, le ministère public a estimé que cette image, ainsi que d'autres photos et vidéos relevaient de la « propagande terroriste » et de « l'incitation à la haine », et qu'elles constituaient un « trouble à l'ordre public ». Le fonctionnement normal de Facebook a été rapidement rétabli après la décision du réseau de supprimer les images litigieuses, a précisé le quotidien Hürriyet.

« Une réponse disproportionnée »
Ce nouveau blocage a valu une nouvelle volée de bois vert au gouvernement turc. La députée européenne néerlandaise Marietje Schaake a déploré cette décision qui apparaît « encore une réponse disproportionnée qui restreint la liberté de la presse et la liberté d'expression ». Pour sa part, l'ancien chef de l'État Abdullah Gül, bien que membre du parti au pouvoir, a tweeté : « J'espère que ça ne va pas durer trop longtemps. »
À l'inverse, le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan a justifié l'interdiction. La publication de ces photos est « inacceptable », a jugé devant la presse Ibrahim Kalin, ajoutant qu' « il n'existe de telle liberté nulle part ailleurs au monde ».
Depuis un an, le gouvernement turc a multiplié les mesures controversées pour tenter de museler Internet et les réseaux sociaux. En mars 2014, à la veille des élections municipales, M. Erdogan avait ordonné le blocage momentané de Twitter et de Facebook, accusés de relayer des allégations de corruption qui le visaient, ainsi que des membres de sa famille et certains ministres. Il avait également fait voter une nouvelle loi renforçant le contrôle administratif sur le Web. Au nom du respect de la liberté d'expression, la Cour constitutionnelle avait alors levé ces mesures et invalidé plusieurs dispositions de ce texte, dénoncé comme « liberticide » par l'opposition et les ONG de défense des libertés.
(Source : AFP)

Les autorités turques ont ordonné, hier, le blocage des réseaux sociaux pour empêcher la diffusion de photos d'un procureur tué lors d'une prise d'otage, un an après une autre interdiction qui avait nourri les accusations de dérive autoritaire du gouvernement.La décision d'interdire l'accès à Twitter et YouTube hier après-midi dans tout le pays par « mesure administrative », selon un message de l'Autorité administrative des télécommunications (TIB), est intervenue à la suite d'une décision du procureur d'Istanbul requérant le blocage de 166 sites Internet qui avaient diffusé la photo avec un pistolet sur la tempe du magistrat Mehmet Selim Kiraz retenu en otage pendant plus de six heures par deux militants armés d'un groupe radical d'extrême gauche turc. Dans sa requête, le ministère public a estimé que cette...
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