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Moyen Orient et Monde - Crise

Des milliers de militaires russes en cause dans la déstabilisation de l’Ukraine

Les livraisons incessantes d’armes russes ont rendu les rebelles beaucoup mieux équipés que l’armée ukrainienne. Dimitar Dilkoff/AFP

Un an de conflits dans l'est de l'Ukraine a mis en lumière l'incapacité de Kiev à reconquérir les territoires contrôlés par les séparatistes. La faute étant à une armée ukrainienne mal commandée, mal équipée et mal préparée. Et à l'implication cruciale de Moscou, estiment les analystes. Malgré la présence de journalistes indépendants russes, ukrainiens et occidentaux, les rapports nombreux des Occidentaux et les soldats russes arrêtés par les services secrets ukrainiens après s'être « perdus » dans l'est de ce pays, l'ampleur de la présence russe n'est pas étayée par des preuves définitives. La Russie a toujours démenti catégoriquement la présence de son armée régulière en Ukraine et n'a concédé que celle de « volontaires » partis combattre de leur propre gré. Mais pour nombre d'experts occidentaux, ukrainiens et russes, le doute n'est pas permis. Selon eux, l'élément décisif pour expliquer les défaites ukrainiennes tient à l'intervention directe, notamment à plusieurs moments-clés du conflit, de troupes russes, « Nous ne parlons pas de forces rebelles mais de troupes russes », celles-ci étant « intrinsèquement impliquées dans ce qui se passe », résume pour l'AFP Peter Felstead, rédacteur de IHS Jane's Defence Weekly, basé à Londres. C'est à cause de ces bombardements que Washington n'a pas voulu livrer « des radars antiartillerie » à Kiev craignant une « escalade » car, en cas de riposte, des obus ukrainiens seraient inévitablement tombés sur le territoire russe, renchérit M. Felstead. L'armée ukrainienne était néanmoins sur le point d'étouffer la rébellion fin août, lorsqu'elle a subi un revers majeur.

Présence massive
Pour de nombreux analystes, celui-ci s'explique par le premier déploiement massif de troupes régulières russes. Un nombre record – 15 000 soldats russes – a été atteint lors des combats pour la ville de Debaltseve que Kiev a perdue en février malgré un cessez-le-feu en vigueur, a affirmé à l'AFP sous couvert d'anonymat un haut responsable ukrainien dans le secteur de la sécurité. Les livraisons incessantes d'armes et munitions russes via la frontière ont par ailleurs rendu les rebelles beaucoup mieux équipés que leurs adversaires ukrainiens, souligne Peter Felstead. En nombre de chars, pièces d'artillerie lourde et roquettes, l'armée séparatiste devance déjà « certains pays membres de l'Otan », avait twitté en février l'ambassade américaine en Russie. La Russie assure que les rebelles ont tout simplement pris possession d'armes abandonnées par les Ukrainiens, mais les experts n'y croient pas. Au pic des combats, les séparatistes « utilisaient jusqu'à 150 tonnes de munitions par jour », volume introuvable dans la zone de conflit avant son début, soutient Olexi Melnik, expert du Centre Razoumkov à Kiev. De plus, les séparatistes utilisent dans certains cas, selon M. Felstead, de nouvelles armes que les troupes ukrainiennes n'ont jamais possédées.

Un an de conflits dans l'est de l'Ukraine a mis en lumière l'incapacité de Kiev à reconquérir les territoires contrôlés par les séparatistes. La faute étant à une armée ukrainienne mal commandée, mal équipée et mal préparée. Et à l'implication cruciale de Moscou, estiment les analystes. Malgré la présence de journalistes indépendants russes, ukrainiens et occidentaux, les rapports nombreux des Occidentaux et les soldats russes arrêtés par les services secrets ukrainiens après s'être « perdus » dans l'est de ce pays, l'ampleur de la présence russe n'est pas étayée par des preuves définitives. La Russie a toujours démenti catégoriquement la présence de son armée régulière en Ukraine et n'a concédé que celle de « volontaires » partis combattre de leur propre gré. Mais pour nombre d'experts...
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