MM. Hammond et Kerry, l’Allemand Frank Walter Steinmeier, le Français Laurent Fabius et la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini, samedi, à Londres. Brian Snyder / Reuters
Les États-Unis ont à leur disposition plusieurs options pour empêcher l'Iran d'acquérir la bombe nucléaire, si jamais les négociations internationales avec Téhéran échouent, a déclaré le directeur de la CIA Paul Brennan. « Il y a plusieurs choses que les États-Unis peuvent faire pour empêcher l'Iran d'avoir la bombe » en cas de rupture des négociations, a déclaré M. Brennan dans l'émission Fox News Sunday. « Le président Obama a été très clair sur le fait que nous empêcherons l'Iran » de mener à bien son projet de se doter de l'arme nucléaire, a indiqué M. Brennan.
Samedi, à Londres, les grandes puissances ont réaffirmé leur unité sur le dossier nucléaire iranien après une semaine de tractations à Lausanne avec Téhéran qui, malgré des avancées, n'ont pas abouti à un accord. « Nous allons continuer à travailler ensemble dans l'unité pour obtenir un résultat couronné de succès », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond, lisant un communiqué au nom de ses homologues américain, français, allemand et de l'Union européenne.
Leur réunion, dans un salon de l'aéroport de Heathrow où le chef de la diplomatie américaine John Kerry a fait escale avant de reprendre l'avion pour les États-Unis, avait pour but d'évoquer la suite des négociations visant à aboutir à un accord politique avant la date butoir fixée au 31 mars. Et ce, alors que des tensions sont apparemment apparues entre Washington et la France. MM. Hammond et Kerry, l'Allemand Frank Walter Steinmeier, le Français Laurent Fabius et la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini ont également réaffirmé que des progrès importants avaient été accomplis au cours des négociations. M. Kerry avait déjà admis dans la matinée que « des divergences importantes demeurent ». D'où, selon les observateurs, cette escale à Londres, avant la reprise des négociations à Lausanne à partir de mercredi.
Fabius : Il faut un accord « robuste »
Le quotidien britannique The Guardian soulignait samedi que « la divergence la plus nette réside entre les États-Unis, qui ont proposé une levée progressive des sanctions de l'Onu (...), et la France, qui ne souhaite offrir qu'un assouplissement symbolique des mesures punitives imposées sur la dernière décennie ». « Les Américains sont prêts à lâcher un accord très loin des objectifs initialement fixés », a estimé une source proche des négociations, soulignant que dans le même temps les Américains avaient besoin de la France pour rendre l'accord « plus acceptable aux yeux de ceux qui n'en veulent pas ».
Il faut un accord « robuste », a déclaré samedi M. Fabius, à l'issue d'un conseil franco-italien de sécurité et de défense à Caen (nord-ouest de la France), soulignant que s'il « n'est pas suffisamment sérieux, les pays voisins tels que la Turquie ou l'Arabie saoudite pourraient s'inquiéter et eux-mêmes se doter de l'arme nucléaire ». Les gouvernements américain et français se gardent bien de se critiquer ouvertement ces derniers mois, les deux alliés vantant leur unité de vue sur ce dossier qui empoisonne la communauté internationale depuis plus de 12 ans.
Du côté de Téhéran, le président iranien Hassan Rohani a affirmé samedi qu'il n'existait « rien qui ne puisse être résolu » et qu'un accord était « possible ». « Dans cette série de négociations (à Lausanne), il y avait des différences sur certaines questions (mais) des points de vue communs ont émergé qui peuvent être la base d'un accord final », a-t-il affirmé. Le guide suprême iranien a, lui, écarté samedi toute coopération avec les États-Unis sur les conflits régionaux, en cas d'accord sur le nucléaire.
(Source : AFP)


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