Le commandement des marines américains a appelé hier son personnel à la « vigilance » après la publication sur Internet, par un groupe non identifié se réclamant de l'État islamique, d'une liste de 100 militaires américains à abattre.
Selon le centre américain de surveillance des sites islamistes (Site), le groupe, qui n'avait jamais fait parler de lui auparavant et qui se présente comme la « Division des hackers de l'État islamique », a mis en ligne les noms et adresses supposés de 100 membres de différents corps de l'armée américaine ainsi que des photographies. « La vigilance et la protection de la force restent une priorité pour les commandants et leurs personnels », a déclaré dans un communiqué le lieutenant-colonel John Waldwell, du corps des marines. « Il est recommandé aux marines et membres de leurs familles de vérifier leurs profils en ligne afin de (...) limiter l'accès aux informations personnelles », a-t-il ajouté. Une recommandation régulièrement émise par le Pentagone, qui a assuré « étudier ces menaces » et ajouté que « la protection du personnel est notre priorité numéro 1 », dans un courriel à l'AFP. Chacun des marines dont le nom a été publié recevra une visite individuelle, même si la menace n'a pas encore été authentifiée. Pour sa part, le groupe a affirmé avoir piraté les informations sur des serveurs, bases de données et emails du gouvernement, et appelle les partisans de l'EI à organiser des attaques. Toutefois, selon une source militaire citée par le New York Times, la plupart des informations publiées pouvaient être accessibles au public et les serveurs du gouvernement ne semblent pas avoir été piratés.
« Qu'est-ce que vous attendez ? »
« Maintenant que nous vous avons facilité la tâche en vous donnant les adresses, tout ce que vous avez à faire est de franchir le dernier pas, alors, qu'est-ce que vous attendez ? » lance le groupe à l'adresse des partisans de l'EI, qui contrôle de vastes pans de territoires en Syrie et en Irak, et a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois à l'étranger, les derniers en Tunisie et au Yémen.
De son côté, le commandant des troupes de l'Otan en Europe, Philip Breedlove, a estimé hier qu'il s'agissait avant tout d'une tentative de diversion. « Pourquoi devrions-nous nous attendre à moins ou à quelque chose de différent ? » a-t-il interrogé le général américain lors d'un débat organisé à Bruxelles. « Il s'agit juste d'un moyen sensationnaliste de plus. Nous avons vu ces derniers mois que, chaque fois qu'ils enregistrent une défaite sur le champ de bataille ou qu'ils sont mis sous pression sur le champ de bataille, ils sortent un gros truc pour faire sensation », a-t-il ajouté.
Selon le groupe qui se réclame de l'EI, les militaires ciblés ont participé à la guerre contre le groupe en Syrie, en Irak et au Yémen. Mais, selon des sources militaires citées par le New York Times, certains des marines qui figurent sur la liste publiée n'ont pas été impliqués dans le conflit.


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