"Non au confessionnalisme...Non à la guerre civile", peut-on lire sur une bannière brandie par des manifestants pro-Hadi dans la ville d'Ibb. Mohammed al-Moailme/Reuters
Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a promis samedi de combattre l'influence de l'Iran chiite au Yémen.
M. Hadi s'exprimait au lendemain des premiers attentats revendiqués au Yémen par le groupe extrémiste sunnite Etat islamique (EI) et qui ont coûté la vie à 142 personnes dans deux mosquées de la capitale, contrôlée depuis septembre par la milice chiite des Houthis.
Le Yémen s'enfonce ainsi un peu plus dans le chaos, avec une grave crise politique, un territoire morcelé et des violences impliquant plusieurs groupes armés, dont les Houthis et le réseau sunnite el-Qaëda.
Dans son premier discours télévisé depuis sa fuite le mois dernier à Aden (sud), le président Hadi a promis de tout faire pour que ce soit "le drapeau de la République du Yémen (qui) flotte sur les montagnes de Maran (bastion des Houthis) à Saada (nord), et non pas le drapeau iranien". "L'école du (chiisme) duodécimain suivie en Iran ne sera pas acceptée par les Yéménites, qu'ils soient zaïdites (chiites) ou chafiites (sunnites)", a prévenu M. Hadi qui accuse Téhéran de soutenir les Houthis.
M. Hadi s'est d'autre part exprimé dans une lettre aux familles des victimes des attentats suicide de Sanaa qui ont également fait 351 blessés vendredi. Il a dénoncé "des attaques haineuses" et "lâches" qui "ne peuvent avoir été perpétrées que par les ennemis de la vie", qui veulent enfoncer le Yémen dans le "chaos, la violence et les luttes intestines".
(Lire aussi : « La rivalité régionale Riyad-Téhéran complique et amplifie le conflit au Yémen »)
"Extrémisme chiite, extrémisme sunnite"
"L'extrémisme chiite, représenté par les Houthis, et l'extrémisme sunnite, représenté par el-Qaëda, sont les deux faces d'une même pièce qui ne souhaitent ni le bien ni la stabilité du Yémen", a ajouté M. Hadi, dont l'autorité est contestée par ces deux groupes.
El-Qaëda est très actif dans le sud et le sud-est du Yémen, où des affrontements meurtriers (29 morts) ont opposé vendredi à Lahej des combattants du réseau extrémiste et des séparatistes sudistes d'une part aux forces de sécurité de l'autre.
Cette dégradation de la situation a poussé des militaires américains et yéménites à évacuer la base aérienne Al-Anad, dans la province de Lahej, a rapporté une source militaire yéménite. Les militaires sur cette base sont chargés de la collecte de renseignements pour les attaques de drone contre el-Qaëda.
Après les attentats suicide de Sanaa, le réseau extrémiste a assuré ne pas viser les mosquées, l'EI présentant ses premières attaques au Yémen comme "la partie émergée de l'iceberg".
L'EI sévit également en Syrie, en Irak, en Libye et il a revendiqué une attaque mercredi contre le musée du Bardo à Tunis, ayant coûté la vie à 20 touristes et un Tunisien.
Dans une première réaction aux attentats de Sanaa, le porte-parole des Houthis, Mohammed Abdelsalam, a dénoncé samedi une "guerre claire contre le peuple et sa révolution populaire", terme utilisé par la milice pour désigner la prise de Sanaa.
(Eclairage : Les attentats de Sanaa sont « la réaction des radicaux sunnites face à l’avancée des houthis »)
"Catastrophe absolue"
"Il est désormais impératif d'achever les étapes de la révolution", a dit sans explication le porte-parole du mouvement, soutenu par l'ex-président Ali Abdallah Saleh, auquel des officiers et soldats de l'armée sont restés fidèles.
Mais des sources militaires ont indiqué que 1.200 membres des forces spéciales pro-Saleh étaient arrivés dans une vingtaine de véhicules blindés dans une base militaire à Taëz, ville située sur le chemin d'Aden, distante de seulement 180 km.
Des centaines de personnes ont manifesté devant la base pour demander le retour des forces à Sanaa. Outre la capitale, la milice chiite a étendu son influence sur l'ouest et le centre du Yémen.
L'ONU a condamné les attentats de Sanaa, tout comme Washington qui cherche toutefois à vérifier l'implication de l'EI. L'Iran les a aussi condamnés affirmant être prêt "à accueillir les blessés".
Et la France s'est alarmée de "la catastrophe absolue" au Yémen, appelant l'ONU à agir pour "éviter la partition" alors que le pays à majorité sunnite est dominé au nord par les Houthis et au sud par les pro-Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite.
Pour mémoire
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PAUVRE HADI... ILS ONT DÉJÀ MIS LA MAIN SUR PRESQUE TOUT AU YÉMEN... LES PERC(S)ÉS !
18 h 40, le 22 mars 2015