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Moyen Orient et Monde

« Ach-Charq el-Awsat » rapporte des rumeurs sur la mort de Rustom Ghazalé

Dans la presse

L'ancien chef des services de renseignements syriens au Liban limogé par Assad.

A.S. avec agences
21/03/2015

Des informations contradictoires circulaient hier sur le sort de l'ancien chef des services de renseignements syriens au Liban, Rustom Ghazalé. Alors que le quotidien saoudien ach-Charq el-Awsat rapportait des informations faisant état de la mort de Ghazalé, qui occupait le poste de chef du renseignement politique en Syrie, une source de sécurité haut placée à Damas a annoncé son limogeage, ajoutant qu'il était dans un « état critique ».
« C'est le président syrien Bachar el-Assad qui a limogé les deux chefs des services de renseignements, Rustom Ghazalé et Rafic Chéhadé, sur fond d'une violente dispute entre ces deux responsables sécuritaires », a affirmé cette source hier à l'AFP. « Le chef du renseignement politique, Rustom Ghazalé, et le chef du renseignement militaire, Rafic Chéhadé, ont été remerciés de leurs fonctions en début de semaine par le président Assad après une violente querelle entre les deux hommes », a indiqué cette source sous le couvert de l'anonymat. D'après cette même source, le général Ghazalé, ex-homme fort de la tutelle syrienne au Liban, « se trouve dans un état critique » dans un hôpital de Damas. Souffrant d'une hypertension artérielle, sa santé s'est nettement détériorée après la violente dispute qui a « dégénéré ». Le général Ghazalé a été remplacé par son adjoint, le général Nazih Hassoun, tandis que le général Mohammad Mehalla a pris le commandement des renseignements militaires. Pour rappel, en juillet 2012, Ghazalé, ancien chef des services de renseignements syriens au Liban, avait été nommé par Bachar el-Assad à la tête de la sécurité politique en Syrie, un an après le début de la révolution syrienne.

Pas important
Depuis près de deux semaines, les rumeurs sur un éventuel limogeage de l'officier par l'équipe de Bachar el-Assad se sont amplifiées, les dernières en date faisant état de son transfert dans un hôpital, dans un « état critique ». Deux mois plus tôt, YouTube diffusait dans une vidéo des images montrant la villa de Rustom Ghazalé dans son village proche de Deraa détruite par des charges explosives lors de la bataille opposant des éléments du Front al-Nosra au Hezbollah et aux gardiens de la révolution iranienne. À l'origine de la dispute, selon la source de sécurité, figure la volonté du général Ghazalé d'être impliqué dans la bataille contre les rebelles dans la province de Deraa. Mais le général Chéhadé « s'est opposé catégoriquement à ce qu'il prenne part à ces combats » menés du côté du régime par l'armée appuyée par le Hezbollah et les gardiens de la révolution iraniens. « Il y a deux semaines, après un échange d'insultes, le général Ghazalé s'est rendu au siège du renseignement militaire pour en découdre avec son rival, mais, en arrivant, il a été roué de coups par les hommes de Chéhadé », explique la source.
Interrogé par L'Orient-Le Jour, Fabrice Balanche, spécialiste de la géographie politique de la Syrie et du Liban, estime que le général Ghazalé ne fait pas partie des gens importants à Damas. « On entend peu parler de Rustom Ghazalé. En période de crise, les gens inefficaces sont remplacés par des gens efficaces. Aujourd'hui, ceux qui sont importants, c'est la nouvelle génération, ceux qui sont courageux et loyaux au régime », explique le chercheur. « Ghazalé fait partie des gens qui ont profité du régime pour s'enrichir. C'est un rentier et un mafieux, pas un idéologue. S'il est possible qu'il voie d'un mauvais œil la présence des Iraniens en Syrie, c'est avant tout parce qu'il a peur pour ses intérêts personnels. Toute cette histoire pourrait n'être qu'une sorte de règlement de comptes entre mafieux », ajoute-t-il.
De fait, toujours selon le quotidien saoudien, un différend d'ordre « personnel » aurait éclaté entre Chéhadé et Ghazalé. Ce dernier aurait demandé au maire de Tartous de démolir sept chalets construits illégalement dans la région d'al-Rimal al-Zahabiyya, dont l'un appartiendrait à Chéhadé. Celui-ci aurait alors menacé Rustom Ghazalé qui, venant discuter de l'affaire, se serait fait violemment agresser par les gardes du corps de Rafic Chéhadé, puis conduit à l'hôpital.

 

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