Le gouvernement américain a annoncé, vendredi, la mise en place d'une réglementation concernant les forages d'hydrocarbures utilisant la fracturation hydraulique sur les terrains appartenant à l'État fédéral, visant notamment à protéger les nappes phréatiques. Seulement 10 % de la fracturation hydraulique a lieu en terrain fédéral, mais le gouvernement espère que ces nouvelles normes serviront de modèle, notamment dans les États où la fracturation hydraulique n'est pas réglementée. Ce procédé controversé consiste à injecter de l'eau, du sable et des produits chimiques dans le sous-sol pour y récupérer le pétrole et le gaz difficiles à extraire.
Les opérateurs concernés devront renforcer l'étanchéité de leurs puits et mettre en place de solides barrières en ciment pour empêcher la contamination des nappes phréatiques. Les sociétés devront aussi dire quels produits chimiques elles injectent dans le sol pour permettre l'extraction. Il s'agit de rendre cette pratique plus transparente, les opérateurs étant jusqu'ici réticents à révéler leurs « secrets industriels ». Les normes de stockage deviennent également plus contraignantes de même que les informations à fournir avant le début d'un forage.
L'établissement de cette réglementation a pris près de quatre ans, compte tenu du vif débat qui a opposé les écologistes et les entreprises du secteur de l'énergie. Le Bureau de gestion des terrains (BLM) du département de l'Intérieur a reçu des contributions de plus de 1,5 million de particuliers et d'associations, a indiqué la secrétaire à l'Intérieur Sally Jewell. En vertu des nouvelles normes du BLM, les compagnies pétrolières ou gazières devront fournir des informations détaillées sur le lieu où elles comptent forer, notamment sur la situation des failles et des fractures, la profondeur de l'eau potable et le volume estimé des fluides utilisés.
Le secteur pétrolier a critiqué ces propositions dès avant leur publication, affirmant qu'elles allaient ralentir la « renaissance énergétique » des États-Unis. Les groupes de défense de l'environnement saluent un progrès, mais auraient souhaité que le gouvernement aille plus loin. « Le seul vrai moyen de protéger les communautés de la fracturation est de ne pas fracturer du tout », estime Dan Chu, directeur du Sierra Club, une organisation écologiste californienne.
(Source : Reuters)


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