« La Grèce va soumettre à ses partenaires ses propres réformes structurelles », a rappelé Alexis Tsipras lors de la conférence de presse finale du mini-sommet de la zone euro.
Le gouvernement grec s'est lancé vendredi dans une nouvelle course contre la montre pour éviter le spectre de l'asphyxie financière, en apportant très rapidement des éléments concrets de réforme à ses créanciers européens. Au terme de plus de trois heures de réunion restreinte organisée dans la nuit en marge du Conseil européen, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a promis des propositions pour « les prochains jours ». Une promesse confirmée lors de la conférence de presse finale de vendredi au cours de laquelle M. Tsipras a confirmé vouloir mettre en œuvre l'accord du 20 février qui avait permis de prolonger provisoirement l'aide à Athènes. « La Grèce et ses partenaires européens ont remis la procédure sur les rails pour assurer le sauvetage du pays », a-t-il déclaré à la presse, ajoutant que son pays n'avait pas de problèmes de liquidités à court terme. « La Grèce n'est pas contrainte d'appliquer les mesures d'austérité acceptées par le précédent gouvernement en contrepartie du plan d'aide, (elle) va soumettre à ses partenaires ses propres réformes structurelles », a en outre insisté le Premier ministre.
Une réunion de l'Eurogroupe devrait être organisée « dans les meilleurs délais », a fait savoir de son côté la chancelière allemande, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin, alors que le climat est devenu particulièrement acrimonieux ces dernières semaines entre les deux capitales. La Grèce peut très bien présenter de nouvelles réformes économiques « du moment qu'elles ont le même effet » sur ses engagements, a-t-elle ajouté devant la presse. François Hollande a quant à lui évoqué un « esprit de confiance mutuelle », affirmant avoir reçu des assurances de la part d'Alexis Tsipras. « Le Premier ministre grec m'a confirmé qu'il ira le plus vite possible (...) pour donner toutes les informations qui sont utiles pour permettre à l'Eurogroupe de prendre la décision, y compris pour ce qui concerne le soutien financier à la Grèce », a-il-déclaré. Outre Alexis Tsipras, François Hollande et Angela Merkel, ont aussi participé à cette réunion le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe.
Premier geste financier de la Commission
Pour faire face aux urgences d'un pays confronté à de graves problèmes sociaux, l'Union européenne a débloqué deux milliards d'euros provenant de fonds structurels non utilisés, afin que la Grèce puisse investir dans des projets soutenant la croissance, réduise le chômage des jeunes et aide ses citoyens les plus pauvres. M. Juncker a annoncé avoir mis en place une équipe pour aider Athènes à utiliser cet argent, dans le cadre des efforts visant à lutter contre ce qu'Athènes qualifie de « crise humanitaire ».
Le vice-Premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays aurait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette. Prêts, bons du Trésor et intérêts confondus, ce sont 15,5 milliards d'euros qui doivent être sortis des caisses de l'État d'ici à août, a indiqué l'agence de la dette grecque au Parlement. En attendant, Athènes a remboursé vendredi, comme prévu, une nouvelle tranche de 348,5 millions d'euros au FMI, dans le cadre d'un remboursement total de sommes dues avoisinant 2,5 milliards d'euros, révèle l'AFP. Le Parlement doit voter dans la soirée la seconde loi de sa mandature, portant sur un plan d'étalement des arriérés d'impôts et de cotisations (plus de 76 milliards d'euros), espérant ainsi récupérer de l'argent frais.
(« L'OLJ » avec agences)


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