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Économie - Sauvetage Financier

La Grèce, au bord de la faillite, s’invite au sommet européen de Bruxelles

Elle n'était pas prévue au programme. Les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'UE, réunis ces jeudi et vendredi à Bruxelles, comptaient bien sûr discuter de la Grèce, mais seulement de manière informelle. Un minisommet s'est néanmoins tenu en présence des principaux dirigeants européens.

La Grèce a de plus en plus de difficultés à rembourser sa dette. Aujourd’hui même, elle doit verser 336 millions d’euros au FMI et 1,6 milliard aux détenteurs de bons du Trésor. Archives/AFP

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, plaidait sa cause jeudi face à ses partenaires de l'Union européenne pour obtenir une avancée dans les négociations sur le sauvetage financier de son pays, même si aucune solution n'est attendue dans le cadre de ce minisommet. Il a déploré « une contradiction entre le niveau politique où une solution est recherchée et le niveau des représentants des institutions » créancières du pays, « qui agitent des cartons rouges », selon le gouvernement grec. « Cette contradiction doit être levée (...) car elle empêche de faire des progrès » dans la mise en œuvre de l'accord du 20 février prévoyant que la Grèce poursuive les réformes en échange de son maintien sous perfusion financière, a plaidé le dirigeant de gauche radicale.
Le minisommet s'est tenu en présence notamment du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel. Ce qui a fortement déplu aux petits pays du Benelux, qui ont déclaré qu'ils n'avaient pas mandaté l'Allemagne et la France pour négocier en leur nom.
Le Premier ministre grec était, de son côté, toujours en quête d'un geste politique de ses partenaires, à qui il demande du temps et les moyens de mener à bien son programme électoral. Pour lui, le minisommet dont il a obtenu l'organisation hier soir a permis une « discussion préliminaire pour identifier les points communs et les divergences » entre Athènes et ses partenaires. Sur ce point au moins, Athènes et Berlin sont d'accord. « Il ne faut pas s'attendre à une solution, à une percée », a prévenu Angela Merkel. Dans la matinée, elle avait estimé qu'il n'y avait « pas de raison de se laisser abattre », alors que le temps presse pour éviter à la Grèce l'asphyxie financière et le risque d'une sortie de la zone euro.
M. Tsipras doit être reçu pour la première fois à Berlin par Mme Merkel lundi, alors que le climat est devenu particulièrement acrimonieux ces dernières semaines entre les deux capitales.
François Hollande a, pour sa part, appelé le gouvernement grec au respect de ses « engagements ». Devaient également participer à ce minisommet le président du Conseil, Donald Tusk, et les présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, et de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem avec M. Tsipras.

« Progrès minimes »
« J'espère que nous pourrons faire bouger les choses (...) sur la base de l'accord du 20 février », a affirmé M. Dijsselbloem. Mais « le temps est compté », alors que « les progrès faits sont minimes », a-t-il prévenu. La Grèce doit faire face à des échéances de remboursement dans les prochains jours : dès vendredi, une tranche de prêts de 334 millions d'euros au FMI, avant un renouvellement de bons du Trésor pour 1,6 milliard la semaine prochaine. Mais les caisses sont presque vides. Le vice-Premier ministre, Ioannis Dragasakis, a reconnu que son pays avait un « problème de liquidités ». Athènes « a probablement besoin d'un apport d'argent frais de 2-3 milliards d'euros », estiment les analystes de Berenberg.
Le gouvernement demande le versement de la dernière tranche du plan de quelque 240 milliards d'euros dont la Grèce bénéficie depuis 2010, soit un peu plus de 7 milliards. Athènes souhaite notamment que la BCE débourse rapidement 1,9 milliard d'euros correspondant à des intérêts sur des obligations. « Il n'y a pas de perception de panique », a assuré une source diplomatique. Mais le président du Parlement européen, Martin Schulz, a jugé la situation « dangereuse », appelant M. Tsipras à des « compromis raisonnables ».
Mercredi, M. Tsipras avait tenu une première promesse électorale en faisant voter une loi pour aider les plus durement touchés par la « crise humanitaire ». Mais « ce qu'on demande à la Grèce, c'est qu'elle demande aux plus riches de payer des impôts », a commenté François Hollande. Alexis Tsipras avait déjà provoqué des haussements de sourcils mardi en annonçant qu'il se rendrait à Moscou début avril, alors que les relations entre l'UE et la Russie sont au plus bas.

(Source : AFP)

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, plaidait sa cause jeudi face à ses partenaires de l'Union européenne pour obtenir une avancée dans les négociations sur le sauvetage financier de son pays, même si aucune solution n'est attendue dans le cadre de ce minisommet. Il a déploré « une contradiction entre le niveau politique où une solution est recherchée et le niveau des représentants des institutions » créancières du pays, « qui agitent des cartons rouges », selon le gouvernement grec. « Cette contradiction doit être levée (...) car elle empêche de faire des progrès » dans la mise en œuvre de l'accord du 20 février prévoyant que la Grèce poursuive les réformes en échange de son maintien sous perfusion financière, a plaidé le dirigeant de gauche radicale.Le minisommet s'est tenu en présence...
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