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Moyen Orient et Monde

Le député Rahoui à « L’OLJ » : Ces terroristes nous en veulent parce que nous avons réussi notre révolution

Tunisie

Sur place lors de l'attaque du musée du Bardo, le parlementaire a « vu un Colombien qui pleurait : sa femme venait d'être tuée »...

19/03/2015

La Tunisie, berceau du printemps arabe, a vécu hier des heures de terreur lorsque des assaillants armés ont attaqué à la kalachnikov des touristes qui descendaient de leurs bus avant de les pourchasser à l'intérieur du musée du Bardo à Tunis. Dans un bilan revu à la baisse, le Premier ministre Habib Essid annonçait en fin de soirée que deux Tunisiens et dix-sept touristes avaient été tués : quatre Italiens, un Français, deux Colombiens, cinq Japonais, un Polonais, un Australien, une Espagnole. On ignorait la nationalité des deux derniers touristes morts.

 

Lors de l'attaque, les députés qui se trouvaient au sein du Parlement tunisien, mitoyen au musée du Bardo, entendaient les tirs, immobilisés par la peur. « Nous étions dans les réunions des commissions parlementaires vers 11h45 lorsque des journalistes ont accouru pour nous dire qu'ils entendaient des coups de feu ; ils ont d'abord pensé que les tirs avaient lieu à l'intérieur du bâtiment de l'Assemblée », raconte à L'Orient-Le Jour Mongi Rahoui, député du Front populaire. Les députés accourent alors, et la sécurité du Parlement leur indique que les coups de feu proviennent du musée. « Nous étions une soixantaine de députés réunis dans le hall du Parlement, paniqués, nous ne savions pas quoi faire. »
L'attente durera deux heures lors desquelles les parlementaires tentent de récolter des informations. Ils sont d'abord avertis que huit personnes ont été tuées. Ils apprennent ensuite que les terroristes se dirigeaient vers le Parlement pour y commettre une attaque, mais qu'une fois repérés, ils auraient fait demi-tour pour se rendre au musée. Ensemble, les parlementaires décident alors de tenir une assemblée plénière le soir même. « Nous voulons montrer aux Tunisiens que nous sommes là, et que le Parlement est un symbole de souveraineté nationale », affirme M. Rahoui.

 

 

Les images de notre partenaire France 24

 

 

 

 

Ils seront « anéantis »
Lorsque les tirs s'arrêtent, Mongi Rahoui décide de se rendre au musée du Bardo. « J'ai vu les brigades, mais j'ai aussi vu des morts, j'ai vu quelque chose d'horrible, j'ai vu un Colombien qui pleurait, sa femme avait été tuée », confie-t-il. « Il me disait que c'est absurde, complètement absurde, qu'il n'a fallu qu'un moment ... » Pour le député du Front populaire, « le terrorisme s'est implanté en Tunisie. Les terroristes ont profité des années lors desquelles Ennahda était au pouvoir pour s'armer, recruter des jeunes et les former ». « Ces terroristes nous en veulent pour avoir réussi notre révolution. Mais ils n'ont aucune chance en Tunisie, la Tunisie restera libre et au niveau des attentes de ses citoyens », affirme-t-il. Il accuse également les terroristes de vouloir « détruire l'économie tunisienne qui s'est mise en marche ». Selon lui, son pays doit, dans l'immédiat, « bien armer ses forces de sécurité pour contrer le terrorisme, car c'est une véritable guerre qui s'ouvre ».


Réagissant au carnage, le président tunisien Béji Caïd Essebsi s'est engagé à combattre « le terrorisme (...) sans pitié ». « Je veux que le peuple tunisien comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme et que ces minorités sauvages ne nous font pas peur. Nous allons les combattre sans pitié jusqu'à notre dernier souffle », a déclaré le président dans une brève allocution télévisée. « Je veux que le peuple tunisien se rassure (...) nous allons l'emporter. Ces traîtres seront anéantis », a-t-il lancé, avant que des centaines de Tunisiens manifestent dans le centre-ville en scandant « Tunisie libre, le terrorisme dehors ».
Enfin, la France et les États-Unis ont condamné « avec la plus grande fermeté » l'attaque de Tunis, le président François Hollande et la classe politique française exprimant « la plus grande solidarité » envers la Tunisie.

 

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Halim Abou Chacra

"Printemps arabe" ? A quand la correction ? C'est le printemps du terrorisme arabe, voyons. Et ce député tunisien dit : "le terrorisme s'es implanté en Tunisie" ?! Qu'il vienne voir alors le terrorisme "divin" incomparable du côté oriental de la Méditerranée et un peu plus à l'intérieur, dans les steppes de la barbarie.

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