L’ambassadeur US David Hale ne tient pas en place ces derniers temps. Photo Dalati et Nohra
C'est avec un relatif succès que le gouvernement a franchi hier l'échéance essentiellement financière du renouvellement des membres de la Commission de contrôle des banques. La nomination de Joseph Sarkis, candidat maronite proche du CPL, est la seule sur laquelle le consensus ne s'est pas fait. Sa présence au sein de la commission n'a pas été remise en question, mais des réserves l'ont marquée. Ces réserves ont été exprimées par Sejaan Azzi (Kataëb), Waël Bou Faour et Akram Chehayeb (PSP), Michel Pharaon (Indépendant), Samir Mokbel, Alice Chaptini et Abdel Mouttaleb Hennaoui (proches de Michel Sleiman). Toutefois, dans l'esprit de coopération dont tous les ministres ont décidé de faire preuve, les ministres se sont contentés de cette restriction, sans contester la décision prise par le gouvernement. À aucun moment, il n'a été question de vote. Mais la realpolitik interne semble avoir pris le pas sur l'obstructionnisme antérieur. L'idée d'un « gouvernement de nécessité » semble avoir prévalu sur l'urgence présidentielle.
En outre, les ministres n'ont pas tous approuvé de bon cœur l'idée que la nouvelle commission puisse entrer en fonction sans prêter serment devant le président de la République, comme l'a jugé M. Salam. À l'appui de son point de vue, le Premier ministre a invoqué le principe de la primauté de la bonne marche des institutions, et en second lieu celui de leur crédibilité aux yeux de la communauté financière internationale. Mais, là aussi, les ministres ont fait preuve de souplesse et n'ont pas transformé leur avis en veto. La prestation de serment aura lieu aussitôt qu'un chef de l'État aura été élu, a-t-on convenu.
Par ailleurs, le gouvernement a enfin approuvé, à la demande du ministre de l'Éducation nationale, Élias Bou Saab, le règlement de leurs arriérés pour les années 2014 et 2015 des enseignants contractuels à l'heure! Un jour de fête pour ces derniers. Toutefois, au terme de son ordre du jour ordinaire formé de 128 points, le Conseil des ministres, surmené, a décidé de reporter à une séance ultérieure l'approbation de la désignation du 5 mai comme journée nationale de la tortue de mer...
À l'issue de la séance, le ministre de la Justice, Achraf Rifi, devait protester, devant les journalistes, contre une déclaration tonitruante prêtée au conseiller du président iranien dans laquelle il se félicitait que l'empire iranien commence à prendre forme, avec Bagdad pour capitale.
« Certains responsables iraniens vivent dans une illusion historique (...). Il nous faut une mise au point officielle de l'État iranien à ce sujet. Je joins ma voix à celle de mon collègue Ahmad Fatfat : nos partis libanais doivent clarifier leurs positions à l'égard de tels propos et dire s'ils considèrent le Liban comme une province de cet empire ou une patrie souveraine. »
Le dialogue CPL-FL
De telles questions montrent bien que le pays n'est pas près de sortir de l'auberge, et que le dialogue entre Michel Aoun et Samir Geagea ne conduira que par miracle à un dépassement de la crise présidentielle.
Selon l'agence al-Markaziya, les représentants de ces deux forces représentatives du camp chrétien, Ibrahim Kanaan et Melhem Riachi, se sont rencontrés mercredi soir au domicile de Michel Aoun, à Rabieh, et un progrès significatif a été effectué sur la voie d'une déclaration d'intention commune, grâce à un accord sur la nécessité de tourner la page et d'en finir avec la période noire des relations entre les deux forces, et la constatation que sur des dossiers essentiels, comme celui de la décentralisation ou de la loi électorale et le principe d'une parité rigoureuse, leurs positions sont proches.
Une deuxième phase de discussions doit donc s'ouvrir qui mènera les deux formations à un document d'entente politique comprenant, notamment l'accord sur le profil du prochain chef de l'État. Entre-temps, aucune date n'a encore été fixée à une rencontre entre MM. Aoun et Geagea. De toute évidence, les deux hommes préfèrent le vide, et peut-être que le ciel leur tombe sur la tête, plutôt que de voir l'autre siégeant sur le fauteuil présidentiel.
D'évidence aussi, l'échéance présidentielle est aussi l'otage du bras de fer que se livrent les États-Unis et l'Iran, au sujet des capacités nucléaires iraniennes, et le fauteuil présidentiel en est l'une des cartes. L'activité inhabituelle dont a fait preuve dernièrement l'ambassadeur des États-Unis au Liban, David Hale, ne présage rien de bon à ce sujet, mais dénote au contraire une nervosité croissante des États-Unis à l'égard des ruses et manœuvres de la République islamique. Le diplomate s'est réuni hier avec le chef du bloc parlementaire du courant du Futur, l'ancien président du Conseil, Fouad Siniora, et sur son visage, aucune détente ne pouvait se lire. M. Siniora, note-t-on, a également reçu hier l'ambassadeur de France, Patrice Paoli. Les propos du guide suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei, qui accuse les États-Unis de duplicité, laissent croire eux aussi que la perspective d'un accord s'éloigne.
Le business avec les Arabes
Sur ces entrefaites, le Premier ministre a pris l'avion hier soir pour Charm el-Cheikh à la tête d'une délégation comprenant le ministre de l'Économie, Alain Hakim, et près d'une cinquantaine d'hommes d'affaires, pour participer à un congrès économique arabe qui se tient aujourd'hui et demain. M. Salam pourrait y rencontrer le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. Le chef du gouvernement sera de retour à Beyrouth, qu'il quittera de nouveau le 18 mars pour Le Caire, où se tient le prochain sommet arabe.
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Et non pas alors aussi du bras de tôles ondulées, héZébbb-Harîréhhh ? Yâ hassértéééh !
12 h 58, le 13 mars 2015