Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a réuni hier son cabinet de crise pour décider des mesures de rétorsion à prendre à la suite des sanctions américaines. Photo AFP
Le gouvernement vénézuélien préparait hier sa riposte aux sanctions américaines, prises lundi, à l'encontre de sept de ses hauts responsables.
Dans un discours lundi soir, le président Nicolas Maduro a qualifié de « coup le plus agressif, injuste et néfaste jamais porté au Venezuela » l'annonce de ces sanctions réprimant des violations des droits de l'homme. « Vous n'avez pas le droit de nous agresser et de déclarer que le Venezuela est une menace pour le peuple des États-Unis ; la menace pour le peuple américain, c'est vous », a-t-il déclaré à l'intention de Barack Obama, qui avait qualifié lundi la situation dans ce pays sud-américain de « menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États- Unis ». « Nous sommes très inquiets des efforts du gouvernement vénézuélien visant à intensifier l'intimidation de ses opposants politiques », avait auparavant affirmé la Maison-Blanche dans un communiqué.
Hier, M. Maduro a annoncé que l'exécutif réclamerait à l'Assemblée nationale de lui accorder des pouvoirs spéciaux afin de réagir à « l'agression impérialiste », en votant une loi du type de celle déjà adoptée fin 2013 en matière économique et permettant au gouvernement de légiférer directement par décret. L'annonce des sanctions a déjà entraîné, lundi, le rappel immédiat du plus haut représentant diplomatique vénézuélien aux États-Unis, un épisode qui est survenu après des années de frictions, les deux pays n'ayant plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010.
Dans cette nouvelle crise diplomatique, Caracas a obtenu le soutien de plusieurs de ses voisins en Amérique latine, au premier chef desquels Cuba, dont le gouvernement a fustigé hier le « décret arbitraire et agressif pris par le président des États-Unis ». Cuba est le principal allié politique et économique du Venezuela depuis 15 ans. En outre, il s'agit du premier affrontement public entre La Havane et Washington depuis l'annonce, le 17 décembre, par les deux pays de leur intention de renouer les liens diplomatiques, rompus il y a un demi-siècle. Cette réconciliation fait encore l'objet de négociations entre les deux capitales. Les présidents bolivien, Evo Morales, et équatorien, Rafael Correa, ont eux aussi apporté leur soutien à Caracas. M. Correa a ainsi estimé qu'il s'agissait d'une « blague de mauvais goût » de la part de Washington, « qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre Amérique, quand l'impérialisme nous imposait des invasions et des dictatures ». « Comprendront-ils que l'Amérique latine a déjà changé ? » s'est-il demandé.
(Source : AFP)


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