Barack Obama a été contourné par les élus républicains qui tentent de saper les négociations sur le nucléaire. Jonathan Ernst/Reuters
La quasi-totalité des sénateurs républicains, très sceptiques quant aux négociations sur le nucléaire iranien, ont prévenu hier Téhéran que tout accord avec le président américain Barack Obama sur le nucléaire ne deviendrait permanent qu'avec l'aval du Congrès, à trois semaines de l'échéance théorique pour un règlement politique.
Dans une lettre ouverte adressée aux « dirigeants de la République islamique d'Iran », 47 des 54 sénateurs républicains ont ainsi contourné le président américain pour prévenir les Iraniens que le Congrès disposait, seul, du pouvoir de lever définitivement les sanctions contre l'Iran, adoptées sous la forme de lois ces dernières années. « Il a été porté à notre attention, en observant vos négociations nucléaires avec notre gouvernement, qu'il était possible que vous ne compreniez pas totalement notre système constitutionnel », écrivent les élus.
Les républicains, et plusieurs démocrates, sont ouvertement hostiles à l'accord qui se dessine entre le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et l'Allemagne) et l'Iran. Pour influencer, voire faire échouer, les négociations, ils ont placé la barre très haut, certains demandant le démantèlement total de l'infrastructure d'enrichissement, ou que tout règlement soit élargi à des domaines comme le « soutien au terrorisme ».
Les conséquences de l'initiative républicaine ne se sont pas fait attendre. Pour la Maison-Blanche, cette action s'assimile à « un effort partisan visant à affaiblir la capacité du président à mener la politique étrangère », a déclaré le porte-parole Josh Earnest, en affirmant que les républicains tentaient une nouvelle fois de « saper les négociations ». Entre-temps, le département d'État a fait savoir que le secrétaire d'État américain John Kerry reverrait son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, dimanche 15 mars à Lausanne en Suisse, pour un nouveau cycle de négociations. M. Zarif a d'ailleurs estimé hier que la mise en garde envoyée à Téhéran par des sénateurs républicains n'avait « pas de valeur juridique et constitue de la propagande ». « Les sénateurs doivent savoir que, selon le droit international, le Congrès ne pourra pas changer le contenu de l'accord, et toute action du Congrès visant à empêcher l'application d'un éventuel accord sera une violation des engagements internationaux du gouvernement » américain, a ajouté M. Zarif.
L'AIEA à Téhéran
Pendant ce temps, une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a achevé des discussions hier dans la capitale iranienne dans le cadre de son enquête sur une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien, a rapporté l'agence Isna. L'agence demande à Téhéran de répondre à deux allégations précises, formulées en 2011, selon lesquelles l'Iran aurait mené des recherches et des travaux concrets dans le passé pour se doter de la bombe atomique. « Des informations supplémentaires ont été échangées. Nous avons décidé de poursuivre notre coopération », a déclaré Reza Najafi, l'ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA. « La réunion était très sérieuse et les discussions techniques. Les échanges de questions-réponses montrent que les deux parties sont sérieuses pour poursuivre la coopération », a affirmé M. Najafi en précisant qu'une autre réunion aura lieu « à la fin du mois de farvardin » (qui s'achève le 20 avril). Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, a déclaré dimanche à la télévision d'État que « ces deux questions peuvent être finalisées lors de la visite de la délégation de l'Agence », dirigée par son numéro deux Tero Varjoranta.
(Source : AFP)


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