Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Destruction

« Après avoir tué l’esprit, les jihadistes commencent à tuer la civilisation »

L'EI à l'assaut du patrimoine irakien ; condamnation de la communauté internationale, de Sistani et d'al-Azhar.

Nimroud, jadis capitale de l’Assyrie, détruite par les jihadistes de l’EI au bulldozer. Hubert Debbasch/AFP

Les condamnations se sont multipliées hier après la destruction au bulldozer de la cité antique de Nimroud par l'État islamique (EI), qui avait déjà réduit en miettes des trésors archéologiques dans le musée de Mossoul, la semaine dernière, et mis le feu à sa bibliothèque. « On ignore encore l'étendue des destructions » infligées à la cité plurimillénaire construite sur les bords du Tigre, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Mossoul, a indiqué à l'AFP un responsable irakien sous couvert d'anonymat. Mais l'Unesco a d'ores et déjà dénoncé « un crime de guerre », selon un communiqué de sa directrice générale, Irina Bokova, qui a saisi le Conseil de sécurité de l'Onu et la Cour pénale internationale (CPI). Les Affaires étrangères françaises ont pour leur part condamné des actes relevant « d'une logique abjecte d'anéantissement (...) de l'un des plus exceptionnels patrimoines de l'humanité ». L'EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l'idolâtrie. Mais selon plusieurs experts, les « idoles » si vivement dénoncées dérangent moins les jihadistes lorsqu'il s'agit de les vendre au marché noir. Ce sont les statues trop imposantes pour être transportées aisément qui sont détruites, estiment-ils.

« De la sauvagerie »
Le grand ayatolah Ali al-Sistani, la plus haute autorité chiite de l'Irak, a de son côté estimé que ces destructions étaient la preuve « de la sauvagerie, de la barbarie et de l'hostilité (des jihadistes) pour les Irakiens », dans un prêche prononcé par un assistant à Kerbala. Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions de l'islam sunnite basée en Égypte, a aussi condamné hier la destruction par l'État islamique de la cité antique de Nimroud. « Ce que l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe) est en train de faire en détruisant des monuments dans les territoires qu'elle contrôle en Irak, Syrie et Libye est un crime majeur contre le monde entier », a déploré cette institution. Elle a appelé dans ce contexte à « éradiquer » les jihadistes de ce groupe et à « sauver les nations arabes et islamiques de leurs diables », ajoutant que les destructions de monuments étaient interdites par la charia, la loi islamique.
La communauté internationale a fermement condamné les destructions, mais semble cantonnée au rôle d'observateur, impuissante à agir sur les territoires dominés par l'EI, se désole Stuart Gibson, expert à l'Unesco. « Nous avons dans le passé pressé les populations locales de reconnaître l'inestimable valeur de leur patrimoine et la nécessité de le protéger, ajoute M. Gibson. Malheureusement, à l'heure actuelle, les populations sont épuisées et terrifiées. Le reste d'entre nous n'a d'autre choix que (...) de regarder, désespéré. »
« Leur projet, c'est de détruire le patrimoine irakien, site par site, explique Abdelamir Hamdani, un archéologue irakien de l'Université Stony Brook de New York. Maintenant, on attend la vidéo. » « Ça va être au tour de Hatra », a-t-il prédit, en référence à une cité vieille de 2 000 ans inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco située à 100 km au sud de Mossoul.
Parallèlement, à Bagdad, rue Moutanabbi, rendez-vous de l'intelligentsia, les condamnations étaient sur toutes les lèvres. « Après avoir tué l'esprit, ils commencent à tuer la civilisation », dénonce Ibrahim Daoud, écrivain et poète. « Une civilisation considérée comme la fierté de l'Irak et du monde a été effacée en quelques minutes à peine », renchérit Adel Abdullah, employé au ministère de la Santé.
Nimroud est l'une des villes phares de l'Empire assyrien, où ont été exhumés en 1988 plus de 600 bijoux, décorations et pierres précieuses, l'une des plus importantes découvertes archéologiques du XXe siècle. La plupart des objets inestimables provenant de Nimroud sont exposés dans des musées en Irak ou en Europe, mais le site abrite toujours des bas-reliefs et de colossaux « lamassu », ces taureaux ailés à face humaine. « Je pense que ce qu'ils ont détruit, c'est la reconstruction à l'identique, dans les années 1960, des murs du palais », avance Eleanor Robson, professeure à la University College.

Les condamnations se sont multipliées hier après la destruction au bulldozer de la cité antique de Nimroud par l'État islamique (EI), qui avait déjà réduit en miettes des trésors archéologiques dans le musée de Mossoul, la semaine dernière, et mis le feu à sa bibliothèque. « On ignore encore l'étendue des destructions » infligées à la cité plurimillénaire construite sur les bords du Tigre, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Mossoul, a indiqué à l'AFP un responsable irakien sous couvert d'anonymat. Mais l'Unesco a d'ores et déjà dénoncé « un crime de guerre », selon un communiqué de sa directrice générale, Irina Bokova, qui a saisi le Conseil de sécurité de l'Onu et la Cour pénale internationale (CPI). Les Affaires étrangères françaises ont pour leur part condamné des actes relevant...
commentaires (3)

À propos de ces Takfiristes jihadistes, on les voit chaque jour depuis ; ces tous périmés ; on ne pouvait, jadis, ne pas tomber sur ceux d’en face fakihistes Takfiristes traînant dans les coulisses d’1 république islamique" ; rêvant derrière ce décor Per(s)cé qu’ils aiment tant. Et adorent même, quand ils décryptaient les anciens vrais, avant de dévorer leurs affidés pour les remplacer. Et, + tard, quand ils avaient aménagé 1 bonne guerre contre l’Irak arabe au beau milieu d’1 Mésopotamie magnifique, pour mieux l’offrir à leur walïyoulfakîh noirci. Cette dédicace leur rappelle que ce jour-là, sis Tabrîz, ils s’étranglèrent à jamais d’arêtes esturgeonnées de la Caspienne marée. Là, ces Per(s)cés mollâhs, face à un maître de céans genre fakkîh anthracite en verve "divin", ces nuls lauréats, confièrent qu’ils avaient désormais 2 idéaux dans leur vie dans ce triste "fertile croissant" : ce Levant devant lequel ils traînaient, enfants, ambitionnant d'en devenir les sé(yy)id es pions conquérants. Et le bien-être Per(s)cé actuel. Per(s)cés qui n'ont peut- être pas l'habitude d'être, comme ils durent, soulevés de terre et embrassés à bouche que veux-tu par 1 new génération d’affidés. Ils rayonnent momentanément, les pâmés. Et dire qu’en pensant à tous ces énergumènes qu'il reste à supporter, on a la certitude d'être encore souvent, mais indéniablement + pour très, très longtemps, profondément malheureux et déprimés : pas spécialement pour le moral, mais pour ce "pauvre Croissant".

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

18 h 55, le 07 mars 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • À propos de ces Takfiristes jihadistes, on les voit chaque jour depuis ; ces tous périmés ; on ne pouvait, jadis, ne pas tomber sur ceux d’en face fakihistes Takfiristes traînant dans les coulisses d’1 république islamique" ; rêvant derrière ce décor Per(s)cé qu’ils aiment tant. Et adorent même, quand ils décryptaient les anciens vrais, avant de dévorer leurs affidés pour les remplacer. Et, + tard, quand ils avaient aménagé 1 bonne guerre contre l’Irak arabe au beau milieu d’1 Mésopotamie magnifique, pour mieux l’offrir à leur walïyoulfakîh noirci. Cette dédicace leur rappelle que ce jour-là, sis Tabrîz, ils s’étranglèrent à jamais d’arêtes esturgeonnées de la Caspienne marée. Là, ces Per(s)cés mollâhs, face à un maître de céans genre fakkîh anthracite en verve "divin", ces nuls lauréats, confièrent qu’ils avaient désormais 2 idéaux dans leur vie dans ce triste "fertile croissant" : ce Levant devant lequel ils traînaient, enfants, ambitionnant d'en devenir les sé(yy)id es pions conquérants. Et le bien-être Per(s)cé actuel. Per(s)cés qui n'ont peut- être pas l'habitude d'être, comme ils durent, soulevés de terre et embrassés à bouche que veux-tu par 1 new génération d’affidés. Ils rayonnent momentanément, les pâmés. Et dire qu’en pensant à tous ces énergumènes qu'il reste à supporter, on a la certitude d'être encore souvent, mais indéniablement + pour très, très longtemps, profondément malheureux et déprimés : pas spécialement pour le moral, mais pour ce "pauvre Croissant".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    18 h 55, le 07 mars 2015

  • ILS ONT TUÉ LEURS ESPRITS ET LEURS ÂMES... ET NE SONT PLUS QUE DES SIMIESQUES REVENANTS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 28, le 07 mars 2015

  • Le barbare est celui qui détruit ce qu'il ne peut comprendre.

    Yves Prevost

    07 h 02, le 07 mars 2015

Retour en haut