L’édito de Élie FAYAD

Dix ans de gratitude

L’édito
Élie FAYAD | OLJ
06/03/2015

Le Hezbollah « a choisi ses options. Nous ne pouvons l'accompagner dans cette voie (...) Nous n'avons pas besoin d'une force paramilitaire ou d'une armée parallèle. Avec ou sans la résolution 1559, le monopole de la sécurité doit appartenir à l'État ». L'auteur de ces propos univoques, tenus il y a dix ans presque jour pour jour, s'appelait... Michel Aoun.
C'était au soir du 8 mars 2005, dans la foulée de l'acte fondateur d'un mouvement appelé à devenir le jouet politique du parti de Dieu et de ses mentors régionaux, l'outil à l'aide duquel le Hezb allait grignoter progressivement des pans entiers de ce que d'autres, beaucoup d'autres, vivront comme un « rêve » libanais.
Dans tous les recoins de la place Riad Solh retentissaient encore, ce soir-là, les échos du « merci à la Syrie d'Assad », hurlé cent mille fois par une foule dense, sûre déjà d'être une majorité. N'étaient-ils pas plutôt 200 000, voire 400 000, comme l'affirmaient les organisateurs ? Peu importe : ils seront de toutes les façons largement débordés six jours plus tard par un phénomène de masse d'autant plus rare qu'il est foncièrement pacifique. Place contre place, celle des Martyrs, rebaptisée pour l'occasion place de la Liberté, aura, elle, une vocation de millionnaire.
Depuis, dix mois de mars ont défilé. Sous les ponts du 8 et du 14, beaucoup d'eau aura coulé. Du sang aussi, abondamment. Avec les années, le rêve a fini par s'estomper et le Liban, resté inachevé, a renoué avec ses vieilles manies : crises gouvernementales, blocages institutionnels, ballottement au gré des axes régionaux, primauté du rapport de forces militaires sur le processus démocratique, etc.
Et l'homme qui, au soir du 8 mars 2005, regrettait de ne pouvoir accompagner Hassan Nasrallah dans la voie que ce dernier avait tracée a vite fait de le rejoindre, non sans avoir essayé de faire croire, pendant un moment, que c'est l'autre qui viendrait vers lui.
Cette défection, et d'autres, ramèneront la politique politicienne au goût du jour. Le nivellement par le bas finira par entraîner tout le monde, y compris, quelquefois, ceux qui avaient incarné le rêve du 14 Mars.
De compromis en compromissions, on en est arrivé à un point tel qu'on célèbre aujourd'hui la résurgence d'un gouvernement qui fonctionne à la manière d'un monstre affligé de vingt-quatre pattes allant chacune dans une direction. Sans la sagesse et l'extrême pondération de son chef, et surtout sans le voyant rouge d'alerte allumé par l'étranger et qui clignote de plus en plus rapidement, il y a belle lurette que cette créature aurait plongé dans le vide sidéral qui la cerne.
Dix ans après le 8 mars 2005, il y a pourtant un changement, et de taille. On ne trouvera plus personne au Liban pour aller place Riad Solh ou ailleurs scander « merci à la Syrie d'Assad ». Si elle en a un jour la possibilité, c'est la Syrie d'Assad qui ira dire en masse « merci au Liban de Hassan Nasrallah »...

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Le Faucon Pèlerin

Cher Elie Fayad,
Michel Aoun n'est plus à un retournement de veste près. Un caméléon ne deviendra jamais une colombe blanche.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Des bons "rapports" boSSfééér-aSSadiot ! Pour respecter cette "hygiénique" recommandation, le bigaradier fait preuve d’1 susceptibilité quasi- maladive à la moindre critique de ces rapports ! Et ses oranginés répètent subrepticement après lui, que ces bääSSyriens "frérots" réfléchissent peu en fonction de leurs intérêts mais plus en fonction de leurs opinions ! Il n’en reste pas moins que pour retrouver 1 chance de sauvegarder 1 temps soit peu sa place, le caporal signalé encore présent ou évanescent kifkif en place, tente un quitte ou double actuellement, reprenant peu ou prou ses poussives funesteries orangistes provocatrices tentant d'infiltrer ses manigances, essayant d’user chaque opportunité pour engluer les 14 Sains dans des compromis de nature à les affadir voire les démantibuler aux yeux de leurs partisans les + motivés ! Mais le Vénérable Grand Liban ayant bien repris ses esprits, lui assénera cette fois non + l'engourdissement mais le coup final au caporal, "l'intellectuel" amer ; comme ses moqueurs le surnomment; qui a toujours manqué de bravoure et d’audace. Maintenant que la Saine raclée du 14 Mars l’a en quelque sorte traumatisé politiquement, il se croit, ce battu d’avance, acculé à faire ses preuves se prenant pour Tânios Chéhîne e.g ; lui cette fade copie dévergondée du Grand Petit Poucet ! Comment, après avoir évoqué ces malheurs, ne pas avoir 1 pensée pour celui qui ; i.e. Hariri ; nonobstant l’exiguïté de son pays, avait voulu le hisser parmi les Grands ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L'INGRATITUDE À SON PAYS... LA GRATITUDE AUX DESPOTES ÉTRANGERS DE TOUTES SORTES ! QUAND AU RÊVEUR... SON RÊVE SERA LE RÊVE LE PLUS LONG QUI NE SE RÉALISERAIT POINT... À MOINS DE CHANGEMENT DE BOUSSOLE ET DE VOCABULAIRE !!! ET L'ALLÉGEANCE À LA PATRIE...

Tabet Karim

et merci au general qui croyant prendre s'est fait pris......et nous a entraine avec lui dans une aventure insensée.

Halim Abou Chacra

Dix ans après l'imposture de "merci à la Syrie d'Assad" et de remise de la "kalachnikov de la résistance" en guise de gratitude (pour ses vols et ses assassinats au Liban) à Roustom Gazaleh, que peuvent dire les laquais aujourd'hui ? Ils ne peuvent dire que ceci : merci Bachar petit Hitler d'avoir assassiné pendant quatre ans le peuple syrien, d'avoir détruit la Syrie et d'avoir suscité ainsi les Daech et les Nosra. Et merci le Hezbollah d'avoir été un partenaire bien efficace dans cette oeuvre sinistre.

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