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Économie

Mazen Hajjar lance une bière en Australie

Le fondateur de la bière libanaise 961 lance une brasserie artisanale en Australie baptisée Hawkers. L'investissement est de trois millions de dollars.

Les deux fondateurs libanais dans leur nouvelle brasserie australienne, Hawkers.

Une nouvelle brasserie libanaise a été inaugurée à la mi-février. Baptisée Hawkers (« colporteurs » ou « marchands ambulants » en anglais), elle ambitionne de produire jusqu'à deux millions de cartons (de 6 bouteilles de 33 cl) de bière artisanale à pleine capacité. Ce nom ne vous dit rien ? C'est normal. Car pour déguster une des deux bières de la nouvelle marque, il faut entamer un périple de près de 14 000 kilomètres et se rendre en Australie.
C'est à Melbourne en effet que depuis près d'un an Mazen Hajjar, fondateur de la bière libanaise 961, une société dont il reste actionnaire mais dont il a délégué la gestion, a posé ses valises. « Le sentiment d'insécurité est consubstantiel au fait d'être libanais. On cherche toujours des solutions de repli si jamais la "situation" venait à s'aggraver. J'ai d'abord envisagé de produire 961 en Australie où une opportunité se présentait. Puis j'ai eu l'idée d'un projet neuf. C'est ainsi qu'est né Hawkers », assure Mazen Hajjar, joint par téléphone.

 

(Pour mémoire: Le marché de la bière libanaise, une consommation encore timide)


C'est sa rencontre avec un autre Libanais de la diaspora qui lui fait sauter le pas. Installé à Melbourne depuis des années, Joseph Abboud y a fondé le restaurant « hipster » Rumi qui revisite les classiques de la cuisine libanaise. « Joseph Abboud voulait importer 961. J'ai d'abord refusé. Puis il est venu présenter sa cuisine à Beyrouth... D'un simple deal, on est passé à une véritable accord d'association... »
Aidé d'un investisseur australien, les deux compères réunissent quelque trois millions de dollars pour lancer leur brasserie artisanale. D'après le magazine Good Food, c'est l'une des plus high-tech du continent. « En neuf ans passés à peaufiner mes recettes pour 961, j'ai aussi appris que la qualité du matériel faisait une grande différence. »
Mais si Mazen Hajjar se projette sur ce nouveau continent, c'est aussi parce que les marges de développement de 961 sont limitées au Liban. « En Australie, tout le monde boit de la bière. Les brasseries artisanales y révolutionnent la consommation. Au contraire du Liban, où boire une bière de qualité reste le fait d'une élite éduquée, trop étroite encore. Le marché libanais est de surcroît dominé par des acteurs industriels et les structures artisanales manquent de débouchés. » Aujourd'hui, 961 représente un peu moins de 3 % du total des ventes (en volumes) de bière au Liban et 5 % des bières locales. Par comparaison, Hawkers peut s'appuyer sur l'un des plus gros marchés mondiaux : la consommation représente quelque 14 milliards de dollars en Australie.


Hawkers n'entend pas copier les recettes qui ont fait le succès de 961. « Hawkers est une bière 100 % victorienne » (par référence à Victoria, la région de Melbourne, NDLR) qui n'a pas vocation à s'exporter, pas même au Liban. « On peaufine pour l'instant notre lancement en Tasmanie (autre région d'Australie, NDLR), alors que 961 est une bière "internationale", dont 80 % des ventes sont réalisées à l'étranger, dans 26 pays différents, dont l'Australie », précise-t-il.


 

Pour mémoire
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