Le Secrétaire d'Etat américain John kerry s'est déclaré lundi "plein d'espoir" que ses discussions à Genève avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov déboucheront sur un changement en Ukraine. AFP PHOTO / POOL / EVAN VUCCI
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est déclaré lundi "plein d'espoir" que ses discussions à Genève avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov débouchent sur un changement en Ukraine.
Les deux hommes se sont entretenus pendant 80 minutes au moment où une relative accalmie est perçue dans l'est de l'Ukraine entre les insurgés séparatistes et les forces de Kiev.
S'exprimant à l'issue de leur entretien, le chef de la diplomatie russe M. Lavrov a brièvement fait part de "progrès notables" dans la mise en place des derniers accords de paix signés à Minsk le 15 février, précisant que "le cessez-le-feu s'applique, des armes lourdes sont retirées" de l'est de l'Ukraine.
"Je suis plein d'espoir que c'est le début d'un changement qui signifiera une amélioration pour tout le monde", a déclaré pour sa part M. Kerry dans une conférence de presse. "J'espère que cela sera la route pour plus de désescalade et non pour plus de déceptions", a ajouté le secrétaire d'Etat.
Il y a eu plus tard dans la matinée un court entretien d'une dizaine de minutes entre les deux hommes en marge du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies devant lequel ils sont intervenus.
John Kerry a reconnu que le cessez le feu accepté dans les accord de Minsk n'était "pas encore un cessez le feu complet" mais "notre espoir est que dans les prochaines heures et certainement dans les prochains jours il le soit", a-t-il dit.
Cette rencontre intervient peu après une annonce de l'Onu faisant état de plus de 6 000 personnes tuées en Ukraine depuis le début des violences en avril 2014. Le Haut Commissaire aux Droits de l'homme, Zeid Raad al Hussein, a dénoncé des "destructions impitoyables concernant les civils et les infrastructures".
Le chef de la diplomatie américaine a aussi mentionné l'éventualité de nouvelles sanctions contre Moscou en cas d'échec de l'arrêt des violences.
Avec la crainte d'une nouvelle escalade, les regards sont en particulier tournés vers Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov et dernière grande ville de la région sous le contrôle de Kiev. L'armée ukrainienne y dénonce depuis des jours une concentration de troupes ennemies et des survols de drones.
Kiev et les Occidentaux accusent Moscou d'armer la rébellion séparatiste et d'avoir déployé des troupes régulières dans l'est de l'Ukraine. La Russie dément toute implication dans le conflit.
Député ukrainien libéré à Moscou
Réagissant à la mort de l'opposant russe Boris Nemtsov, abattu vendredi soir en plein centre de Moscou, le président ukrainien Petro Porochenko a lié ce drame à la situation en Ukraine. Selon lui, l'ancien vice-Premier ministre russe s'apprêtait à "rendre publiques les preuves de la participation des troupes russes au conflit en Ukraine".
Le député ukrainien Alexeï Gontcharenko, arrêté dimanche à Moscou en marge de la marche en hommage à l'opposant russe, a été libéré, la police ne retenant aucune charge contre lui.
M. Gontcharenko était soupçonné d'avoir pris part le 2 mai à l'incendie criminel d'un bâtiment public à Odessa, dans le sud de l'Ukraine, où ont brûlé vives plus de 40 personnes, principalement des insurgés pro-russes, après des affrontements avec des combattants pro-ukrainiens.
Arrêté "pour refus d'obtempérer" selon le Comité d'enquête russe, le député a été libéré dimanche dans la soirée, a confirmé lundi à l'AFP son avocat Mark Feïguine. "Il n'y a aucune charge contre lui, il n'ira pas au tribunal et il s'envole aujourd'hui" pour l'Ukraine, a-t-il précisé.
Sur le plan énergétique, l'Union européenne a tenté de désamorcer un nouveau conflit gazier: le géant russe Gazprom a commencé la semaine dernière à approvisionner directement en gaz les zones sous contrôle des rebelles au motif que Kiev avait cessé de le faire.
Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a affiché sa volonté d'arracher un accord lundi à Kiev et Moscou pour garantir l'approvisionnement de l'UE, lors d'une réunion dans l'après-midi à Bruxelles avec les ministres russe et ukrainien de l'Énergie.
Cette médiation devait être précédée de pourparlers "dans différentes configurations", a précisé une source proche du dossier. Près de 15% des importations totales de gaz de l'UE transitent par l'Ukraine.
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