Quel est le point de départ de ce symposium ?
Au départ, il y a un objectif académique, notamment à l'occasion des 40 ans de l'École de publicité et arts graphiques. L'idée est venue d'une succession de petites frustrations et à partir d'un constat: en regardant autour de soi au Liban, on voit qu'il y a beaucoup de travail qui a été fait (au niveau de l'image de marque du pays), mais qui a été fait dans le désordre. Il n'y a jamais eu de véritable initiative définie et surtout aboutie en terme de labellisation et mise en marque du Liban. Ce qui, à titre d'exemple, est frappant, c'est le désaccord sur une seule appellation de l'État libanais en anglais. Certains ministères utilisent Republic of Lebanon, alors que d'autres disent Lebanese Republic. Si cet exercice d'uniformiser certains paramètres est fait, cela permettrait d'avancer sur cette thématique.
Pourquoi avoir sollicité des intervenants étrangers ?
C'était intéressant pour nous de réunir des gens de divers pays qui portent des regards extérieurs et totalement différents, et dont certains exerçant une spécialisation moins courante au Liban, notamment des typographes. C'était donc logique que l'Alba aborde cette thématique sous cet angle-là, parce que la forme peut déterminer le fond.
Quels sont les aboutissements et les suites qui seront données à ce symposium ?
Un des objectifs est de clore ce symposium avec des directions claires et précises. Le deuxième, c'est d'alimenter une réflexion qui sera transmise aux étudiants et qui sera appliquée sur leurs projets. Nous pensons ensuite éventuellement à un deuxième symposium qui développerait la base de réflexion issue de cette semaine pour aborder des axes plus spécifiques: graphique, typographique, recherche conceptuelle, communication interne et externe, etc.
Dans un deuxième temps, ces travaux seront proposés à l'État libanais, aux ministères de l'Information et de la Culture. Certains éléments, si les résultats sont concluants, peuvent être très facilement exécutés, comme par exemple une recommandation typographique pour unifier la signalétique. On est au début d'une grande démarche. Cette semaine méritait d'être vécue et, avec une publication à la clé, c'est déjà un aboutissement. Notre ambition n'est pas de nous arrêter là.
Propos recueillis par Z.C.

