Comme un match de boxe !
1. Le titre évocateur qui excite la curiosité
Faisant référence au morceau de jazz Whiplash de Hank Levy, le film qui est une adaptation du court-métrage du même réalisateur et qui a remporté le prix du jury au festival de Sundance 2013 siffle à toute vitesse comme un coup de fouet. Atypique, il est une surprise en soi. Brisant tous les clichés du genre musical, les répétitions au conservatoire deviennent une arène de « boxe » où le professeur, à l'allure du sergent instructeur Hartman de Full Metal Jacket de Stanley Kubrick, et son élève s'affrontent à coups non d'armes, mais de cymbales, de baguettes et autres percussions.
2. Second long-métrage et déjà un parcours glorieux
Le cinéaste de trente ans a été acclamé et ovationné dans différents festivals et continue élégamment sa trajectoire. Écrit et réalisé donc par Damien Chazelle, Whiplash a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs, a obtenu le Grand prix à Deauville et à Sundance ainsi que trois oscars sur cinq nominations à la 87e cérémonie qui s'est déroulée dimanche dernier (meilleur acteur dans un second rôle pour J.K. Simmons ; meilleur mixage de son pour Craig Mann, Ben Wilkins et Thomas Curley, et meilleur montage pour Tom Cross).
3. Pour le tempo du film
Qui va crescendo et qui ne souffre d'aucune baisse de régime. Sur une musique composée par Tim Simonec et Justin Hurwitz, le jazz est le cœur de la relation intense entre Andrew, jeune batteur de 19 ans du Shaffer Conservatory de Jazz, et son professeur. Se distinguant des œuvres précédentes qui rendent hommage à la discipline dure et ardue d'un musicien et au genre musical en soi, il est traité comme un film d'action à la Sam Peckinpah ou encore à la Martin Scorsese, comme le dit le cinéaste.
4. Pour le magnifique jeu des acteurs
D'une part Miles Teller, aperçu déjà dans Divergente et The Spectacular Now. Jeune étoile montante du cinéma américain, Mike Teller (également musicien), par ses gestes et ses expressions minimalistes, fait penser au grand Tom Tanks. Lui donnant la réplique, J.K. Simmons, qui s'est déjà illustré dans la série Oz et devenu très célèbre dans la culture populaire américaine. Un duel s'engage entre eux deux, qui portent le film à eux seuls.
5. Pour la vision de Damien Chazelle
Le cinéaste avoue avoir vécu cette expérience dans une école de musique de jazz. Il a voulu retranscrire cette passion en puisant dans ses mémoires d'élève batteur pour offrir ce beau bijou du cinéma. Pour donner un beau moule à une œuvre, on doit passer par la violence ou même par « l'inhumanité », semble dire Chazelle
Né à Providence en 1985 et diplômé en arts visuels de Harvard, Damien Chazelle, Américain d'origine française, réalise son premier film en 2009, Guy and Madeline on a Park Bench, centré sur la musique jazz. Mais c'est surtout par l'écriture qu'il se fait une place dans le monde du cinéma. En effet, il signe les scénarios de films très différents, tels que le film d'horreur Le Dernier exorcisme : Part II (2013) et le thriller Grand Piano en 2014. Il ne tarde cependant pas à repasser derrière la caméra et réalise la même année Whiplash, qui s'intéresse de nouveau au jazz.
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