Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi tente de reprendre la main depuis Aden, la grande ville du Sud et fief de ses partisans. Photo AFP
Le soutien apporté par l'Iran aux rebelles chiites houthis « a contribué » à leur avènement et à la chute du gouvernement yéménite, a assuré le secrétaire d'État américain John Kerry hier. L'appui que Téhéran a fourni aux milices chiites yéménites s'est avéré « crucial », a déclaré M. Kerry devant des parlementaires américains. « Mais je sais également que les Iraniens ont été surpris par les événements (...) et qu'ils souhaitent que s'instaure un dialogue national », a déclaré John Kerry lors d'une audition au Sénat.
Rappelons que Sanaa, la capitale du Yémen, est contrôlée par les miliciens chiites houthis, qui y sont entrés en septembre. Ayant fui samedi dernier Sanaa, où il était en résidence surveillée, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi tente de reprendre la main depuis Aden, la grande ville du Sud et fief de ses partisans. La plupart des pays occidentaux, dont la France, ont fermé leur ambassade et appelé leurs ressortissants à quitter le pays, en raison de la situation.
À ce propos d'ailleurs, une Française a été enlevée hier à Sanaa par des hommes armés. La ressortissante française, âgée de 30 ans et travaillant pour une société de conseil, a été interceptée avec son accompagnatrice yéménite par des hommes armés alors qu'elles se trouvaient à bord d'un taxi dans la capitale Sanaa. Elles ont été conduites vers une destination inconnue, selon le ministère français des Affaires étrangères. « Nous demandons que sa libération intervienne dans les meilleurs délais, nous cherchons à la localiser », a déclaré le président français François Hollande.
Au plan politique, M. Hadi a mis fin hier au flou entourant sa démission, annoncée avec fracas en janvier alors que sa résidence de Sanaa était encerclée par les houthis. M. Hadi, âgé de 69 ans, a finalement « retiré » cette démission présentée au Parlement, a annoncé l'un de ses assistants à Aden. Réagissant à cette décision, les houthis ont dénié toute légitimité à M. Hadi et appelé les pays étrangers à « ne pas traiter avec lui », affirmant qu'il serait poursuivi par la justice yéménite.
(Source : AFP)


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