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Liban - Hospitalisation

Les liens entre le ministère de la Santé et l’HDF ne sont pas rompus

L'Hôtel-Dieu de France assure n'avoir pas bénéficié du délai nécessaire pour programmer l'intervention de la patiente Laurice Khalil. Une intervention lourde qui a pourtant besoin de préparation.

L’Hôtel-Dieu de France à Beyrouth, l’hôpital universitaire de l’USJ. Photo USJ

Début de semaine dans l'expectative après l'annonce par le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, de la rupture du contrat de son ministère avec l'Hôtel-Dieu de France (HDF). Il reprochait à l'hôpital universitaire d'avoir « violé les clauses du contrat » qui liait les deux parties, « en refusant de recevoir la patiente Laurice Khalil munie de sa carte d'handicapée ». De part et d'autre, on est avare de commentaire. Aussi bien le ministre Waël Bou Faour que le père Salim Daccache, recteur de l'Université Saint-Joseph, ou même le directeur de l'HDF, Samy Rizk, ne s'expriment pas. Mais une chose est certaine, « les liens entre le ministère de la Santé et l'hôpital universitaire ne sont pas rompus », affirme à L'Orient-Le Jour une source sûre qui a requis l'anonymat.
Selon une autre source au sein de l'hôpital, « le contrat n'est pas résilié, mais simplement gelé ». Par ailleurs, « le docteur Sleiman Haroun ne fait partie d'aucune médiation », contrairement à ce qu'avait annoncé durant le week-end le Dr Haroun, président du syndicat des hôpitaux.


Concernant la patiente Laurice Khalil, on apprend que suite à sa chute du cinquième étage de son immeuble, cette femme de 30 ans a subi une intervention chirurgicale dans d'autres hôpitaux, au dos et à la jambe, il y a un an et demi environ, pour la pose d'une prothèse. Victime d'une infection de la prothèse, elle s'est adressée au Dr Khalil Kharrat, à l'Hôtel-Dieu de France. « Il s'agit d'une opération chirurgicale lourde qui nécessite au moins 45 jours d'hospitalisation, parmi lesquels des soins intensifs et une période d'isolement », observe la source de l'HDF. « Mais il n'est pas question de sélection des patients, martèle-t-elle. Nous avons juste demandé un délai pour programmer l'intervention chirurgicale et le séjour à l'hôpital de la patiente concernée, autrement dit pour assurer les ressources humaines et mobiliser le lit, tout en donnant la priorité aux cas chauds. » C'est le message qu'adresse cette source de l'hôpital au ministère de la Santé. Car il est hors de question pour l'institution de refuser les patients pris en charge par le ministère. « Les pères jésuites insistent pour que la mission première de l'institution soit l'assistance publique », souligne-t-elle.


La source tient à rappeler que le cas de la patiente est ce qu'on appelle un cas froid, qui ne présente aucune urgence. « Cela fait un an et demi qu'elle vit avec. Nous avons expliqué cela au médecin représentant le ministère de la Santé, au sein de l'HDF. Ce dernier jouait le rôle d'intermédiaire », explique-t-elle à ce propos. C'est toutefois à travers les médias que l'institution a appris le gel de l'accord entre elle et le ministère de la Santé. « Nous n'avons pas même bénéficié d'une semaine », regrette-t-elle, affirmant que « l'hôpital n'a pas refusé la patiente ».


Affaire à suivre, d'autant que les associations de handicapés parmi lesquelles le Forum des handicapés du Liban-Nord continuent d'applaudir à la décision du ministre Bou Faour de rompre le contrat entre le ministère de la Santé et l'Hôtel-Dieu de France.

 

 

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