Le Parlement turc a engagé hier l'examen d'un projet de loi très controversé du gouvernement islamo-conservateur, baptisé « réforme de la sécurité intérieure », qui va muscler les pouvoirs des forces de l'ordre. Quelques heures avant leur coup d'envoi, le président Recep Tayyip Erdogan a mis la pression sur les députés et a surtout justifié les dispositions les plus contestées de son texte. Entre autres mesures emblématiques, et critiquées, le texte doit permettre aux forces de sécurité de mener perquisition, arrestations ou écoutes sur la base de simples « soupçons » et en l'absence de tout mandat judiciaire. Il autorise les policiers à utiliser leurs armes à feu contre les porteurs de cocktail Molotov et interdit aux manifestants de cacher leur visage, sous peine de cinq ans de prison.
D'autre part, le texte modifie le régime de la garde à vue. Jusqu'ici autorisée pour vingt-quatre heures sur mandat du procureur et extensible à quarante-huit heures par un juge, elle pourra désormais être décidée par la seule police pendant vingt-quatre heures en informant le procureur, qui pourra l'étendre ensuite à quarante-huit heures.
Enfin, malgré les nombreuses protestations venant des principaux rivaux d'Erdogan, le gouvernement a nié toute velléité de restreindre les libertés et assuré que son texte était conforme à ceux de l'Union européenne, que la Turquie veut rejoindre.
Moyen Orient et Monde
Une loi contestée renforçant les pouvoirs de la police débattue au Parlement turc
OLJ / le 18 février 2015 à 00h00


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