Rechercher
Rechercher

Économie - Dette

Athènes fait fi de l’ultimatum de la zone euro, mais veut reprendre les discussions

Le gouvernement grec n'entend pas sacrifier les promesses électorales du parti Syriza sur l'autel d'un accord avec la zone euro et ne veut pas céder au chantage de ses partenaires de la zone euro, a déclaré hier le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis. Aris Messinis/AFP

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait fi hier de l'ultimatum fixé à vendredi par la zone euro pour demander une extension du programme d'aide de l'UE au pays, en annonçant pour le même jour le vote de lois sociales proscrites par ce programme.
Parallèlement, cependant, le gouvernement grec a annoncé qu'il « envisageait de demander une extension du financement du pays » à l'UE, en « distinguant clairement » celle-ci d'une extension du programme d'aide à la Grèce – ou « mémorandum » – qui prend fin le 28 février.
Ce programme imposé au pays depuis 2010 par la « troïka » de ses créanciers (UE, FMI, BCE) prévoit 240 milliards d'euros de prêts, mais en échange de mesures économiques pesant très lourd sur la population. Le nouveau gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, arrivé au pouvoir fin janvier, rejette totalement désormais ces instructions venues de l'extérieur. Il demande quelques mois, et de l'argent en attendant, pour préparer son propre programme de réformes.
Or lundi soir, une réunion entre ministres des Finances de la zone euro, ou Eurogroupe, a tourné court à Bruxelles, les grands argentiers inscrivant l'expression « poursuite du programme actuel » dans leur projet de communiqué.
Les Grecs ont refusé sèchement. Sourd à ce refus, l'Eurogroupe a donné jusqu'à vendredi à Athènes pour reconsidérer sa position et demander quand même l'extension du programme au-delà du 28. Sinon, la Grèce peut se trouver sans financement.
« La Grèce n'accepte pas les conditions et les ultimatums », a lancé le Premier ministre, Alexis Tsipras, hier devant les parlementaires de son parti de gauche radicale Syriza.
Pour enfoncer le clou, il a annoncé que de premières mesures sociales promises aux Grecs pendant la campagne – sur les saisies immobilières ou l'étalement sur 100 mois des remboursements de prêts pour les plus démunis – seraient votées dès vendredi, à l'encontre des préconisations du programme d'aide. M. Tsipras en a même rajouté, annonçant que suivraient des mesures portant cette fois sur le retour des conventions collectives dans les entreprises, actuellement suspendues par les mémorandums.
Pour M. Tsipras, l'échec de la réunion de lundi revient principalement à Jeroen Dijsselbloem, le patron de la zone euro, accusé d'avoir « remplacé par un nouveau texte » un autre, manifestement plus acceptable pour Athènes, qui « faisait allusion à l'extension de l'accord de financement et non à celle du mémorandum ».

Possibilité d'un « programme intermédiaire »
C'est en quelque sorte le retour sur la table de ce texte que souhaiterait désormais Athènes.
Selon la chaîne publique Nerit, la Grèce « va adresser mercredi une lettre à Jeroen Dijsselbloem, pour demander une extension de six mois de l'accord de financement qui pourra prendre la forme d'un programme intermédiaire ». Selon Nerit, « les autorités grecques s'engageraient pendant cette période à œuvrer avec leurs partenaires européens et internationaux » pour l'assainissement de l'économie.
« Avec l'Europe, nous voulons une solution, pas une rupture », a assuré M. Tsipras dans son discours. Il a déploré au passage que « le climat à l'Eurogroupe ne soit pas le même qu'au Sommet européen », auquel il a participé la semaine dernière avec les autres chefs d'État et de gouvernement. Une enceinte plus « politique » et moins « technocratique », selon ses termes, où manifestement il s'est senti mieux entendu.
La riposte de la Grèce ravive le scénario d'un « Grexit », une sortie désordonnée de la zone euro. Sans soutien de ses créanciers, Athènes risque de se retrouver rapidement à court d'argent.
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble n'a rien semblé céder mardi. Remarquant au passage de manière ironique que « personne n'a très bien compris si la Grèce sait ce qu'elle veut », il a martelé qu'elle doit « s'engager de manière claire, solide et crédible à remplir le programme, si ce n'est pas à la fin février, à une date dont on puisse discuter ».
Aujourd'hui, le juge de paix pourrait bien être la Banque centrale européenne (BCE). Déjà il y a quinze jours, elle a donné un tour de vis en supprimant aux banques grecques, qui elles-mêmes irriguent l'économie du pays, un de leurs canaux de financement. Elle leur en a laissé un autre, les ELA, des prêts d'urgence qu'elle valide, mais dont elle peut déterminer le plafond. Or elle doit se prononcer aujourd'hui sur une nouvelle extension.
(Source : AFP)

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait fi hier de l'ultimatum fixé à vendredi par la zone euro pour demander une extension du programme d'aide de l'UE au pays, en annonçant pour le même jour le vote de lois sociales proscrites par ce programme.Parallèlement, cependant, le gouvernement grec a annoncé qu'il « envisageait de demander une extension du financement du pays » à l'UE, en « distinguant clairement » celle-ci d'une extension du programme d'aide à la Grèce – ou « mémorandum » – qui prend fin le 28 février.Ce programme imposé au pays depuis 2010 par la « troïka » de ses créanciers (UE, FMI, BCE) prévoit 240 milliards d'euros de prêts, mais en échange de mesures économiques pesant très lourd sur la population. Le nouveau gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, arrivé au pouvoir...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut