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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Alors que Washington tergiverse, l’UE laisse espérer un cessez-le-feu en Ukraine

Le plan de paix abordé par Merkel et Hollande à Kiev sera proposé à Poutine aujourd'hui.

La chancelière allemande Angela Merkel, le président Petro Porochenko ainsi que le président français François Hollande, hier, à Kiev. Ukrainian Presidential Press Service/Mikhail Palinchak/Handout via Reuters

Le secrétaire d'État américain John Kerry était hier à Kiev afin de discuter avec les autorités pro-occidentales de l'opportunité de livraisons d'armes à l'Ukraine. Ainsi, selon M. Kerry, « le président américain Barack Obama va se décider "prochainement" sur la question », soulignant que les États-Unis privilégiaient une solution diplomatique dans le conflit ukrainien. De plus, le président « passe en revue toutes les options. L'une de ces options est la livraison d'armes défensives », « car les accords de paix de Minsk » signés en septembre entre Kiev et les séparatistes avec la participation de la Russie et de l'OSCE « ne sont pas mis en œuvre ». Le secrétaire d'État américain a ajouté préférer « évidemment résoudre (le conflit) par la voie diplomatique ».
Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, présent à ses côtés, a pour sa part souligné que l'Ukraine devait « augmenter ses capacités de défense pour que la paix s'installe ». Celui-ci a souligné que « le seul pays qui dément catégoriquement la présence russe sur le terrain est la Fédération de Russie, et personnellement Vladimir Poutine ». Kiev avait fait savoir qu'il demandait des armes sophistiqués, comme « des outils de communication, de brouillage électronique ou des radars ». Un rapport indépendant, publié lundi par plusieurs groupes de réflexion américains, avait pour sa part évoqué des drones et des missiles antivéhicules blindés, dont l'Ukraine manque cruellement. Washington étudierait également la possibilité d'équiper Kiev de puissants missiles antichars.
Par ailleurs, un groupe de sénateurs américains des deux partis, dont le républicain John McCain, ont renouvelé hier leur appel à une augmentation de l'aide militaire américaine à l'Ukraine, en critiquant l'attitude des Européens. Ces parlementaires sont nombreux à dénoncer, depuis des mois, la réticence de l'administration de Barack Obama à livrer à l'armée ukrainienne des munitions et équipements lourds. Cependant, une réponse positive des Américains risquerait d'être interprétée comme une implication de Washington dans ce conflit par Moscou, et d'aggraver encore les relations russo-américaines, qui traversent leur pire crise depuis la guerre froide. La livraison d'armes létales américaines à Kiev portera un « préjudice colossal » aux relations entre la Russie et les États-Unis, a ainsi averti hier le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch.

Vers un cessez-le-feu ?
Entre-temps, Angela Merkel et François Hollande devront exposer aujourd'hui à Vladimir Poutine leur plan de paix pour l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine qui, selon Kiev, « laisse espérer » une trêve dans ce conflit.
En effet, les pourparlers qui se sont déroulés hier à Kiev entre le président ukrainien, la chancelière allemande et le président français « laissent espérer un cessez-le-feu », a déclaré la présidence ukrainienne dans un communiqué alors qu'une déclaration conjointe des trois dirigeants prévue dans la soirée a été annulée. Le président ukrainien Petro Porochenko a souligné que toutes les parties devaient respecter les accords de paix signés à Minsk en septembre.
L'initiative franco-allemande, qui a tout du plan de paix de la dernière chance, avait été annoncée dans la matinée depuis Paris. « Nous ferons une nouvelle proposition de règlement sur le conflit lui-même, qui sera fondée sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a déclaré M. Hollande sans détailler le contenu de la proposition. « L'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment », a-t-il mis en garde, en marquant cependant sa différence avec l'attitude des États-Unis : « La France ne rentre pas dans le débat sur la fourniture des armes à l'Ukraine. »
Selon des informations publiées dans la soirée par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, ce plan prévoirait de « conclure un cessez-le-feu immédiat » contre une « autonomie plus grande accordée aux séparatistes, sur un territoire plus vaste que celui envisagé jusqu'ici ». Selon SZ, « à Porochenko, on veut clairement faire comprendre qu'il s'agit de la dernière chance offerte à l'Ukraine d'éviter une défaite militaire et un écroulement économique » tandis que M. Poutine a été averti qu'il devait compter sur de nouvelles sanctions de l'UE. Cependant, un porte-parole du gouvernement allemand a démenti l'information.
L'Otan a par ailleurs décidé hier de renforcer sa présence sur son flanc est, en approuvant la création d'une nouvelle force de réaction de 5 000 hommes et de six « centres de commandement », qui répondraient à « l'agression » de la Russie en Ukraine, selon son secrétaure général Jens Stoltenberg.
Enfin, l'Union européenne a de son côté annoncé l'élargissement des sanctions déclenchées par la crise en Ukraine. Dix-neuf personnes, dont aucune cependant n'est « de premier plan », et neuf entités seront ajoutées à sa liste noire de sanctions, selon de sources européennes. Cinq de ces personnalités et une des entreprises sont russes, selon la même source.
(Source : AFP)

Le secrétaire d'État américain John Kerry était hier à Kiev afin de discuter avec les autorités pro-occidentales de l'opportunité de livraisons d'armes à l'Ukraine. Ainsi, selon M. Kerry, « le président américain Barack Obama va se décider "prochainement" sur la question », soulignant que les États-Unis privilégiaient une solution diplomatique dans le conflit ukrainien. De plus, le président « passe en revue toutes les options. L'une de ces options est la livraison d'armes défensives », « car les accords de paix de Minsk » signés en septembre entre Kiev et les séparatistes avec la participation de la Russie et de l'OSCE « ne sont pas mis en œuvre ». Le secrétaire d'État américain a ajouté préférer « évidemment résoudre (le conflit) par la voie diplomatique ».Le Premier ministre ukrainien...
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