Trop beau sans doute pour être vrai, mais qui sait ?
Vous ne verrez plus désormais de charmants faciès de caïds de la politique, déclinés en format géant et ornant balcons, pylônes électriques et poteaux téléphoniques, ni leurs ronflants slogans s'étalant en rutilantes banderoles sur toute la largeur des rues. C'est du moins ce que l'on s'est promis lors de la dernière séance de dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah, ce vertueux engagement valant aussi bien pour Tripoli et Saïda que pour la capitale. Face à cette orgie de panneaux multicolores, vous n'aurez plus l'étrange sentiment de vivre en période de campagne électorale permanente, dans un pays où la démocratie se passe d'élections et où le Parlement en place s'octroie sans problème des rallonges de mandat mais s'avère impuissant à élire un président de la République. Et sitôt débarqué d'avion, vous n'aurez plus l'impression de vous être trompé de destination, au spectacle de toutes ces effigies de chefs politico-religieux, tant étrangers que locaux, bordant le boulevard de l'aéroport.
Encore faut-il, une fois de plus, que l'on veuille bien tenir parole. Car cette décision a incontestablement du bon, puisqu'elle peut contribuer à réduire, au niveau de la rue et ne serait-ce qu'au plan des excitations visuelles, les tensions sunnito-chiites. Mais cela n'est jamais que le b.a.-ba d'un processus menaçant hélas d'épuiser la totalité de l'alphabet. Bien plus efficace ainsi que l'élimination de toute cette pollution graphique serait non pas tant un ramassage des armes (ne rêvons pas trop !) qu'une simple et salutaire interdiction des apparences armées. C'est en plein terrain dégagé, et pour le plus grand bonheur des touristes, que les folkloriques cavaliers des fantasias marocaines font partir leurs archaïques mousquetons. Et c'est en plein désert, sans risque de fâcheuses retombées, que les Bédouins du Golfe trahissent la traditionnelle et pittoresque danse du sabre en vidant dans l'atmosphère les chargeurs de leurs armes automatiques.
Sans être auxiliaires de tourisme ni bédouins, c'est en toute occasion, heureuse ou non, qu'au Liban on tire en l'air en plein milieu urbain. On tire pour donner quelque cachet particulier à une noce. On tire pour la mise en terre de partisans tombés au combat ou sous les coups du terrorisme. On tire pour célébrer à l'occasion quelque divine victoire contre l'ennemi israélien. Et on tire systématiquement, copieusement, à chacune des apparitions télévisées du chef d'une résistance dont le plus gros des activités se concentre, de nos jours, sur le théâtre syrien des opérations. Il n'est guère besoin d'être physicien pour se douter que toute cette grenaille envoyée en l'air doit forcément retomber quelque part, qu'elle est susceptible de tuer, de blesser, sans parler des dommages pouvant être causés aux biens des citoyens. Point besoin non plus d'être sociologue de profession pour diagnostiquer un mal dont le symptôme le plus atterrant est un mépris total de la vie humaine : surtout quand il est inculqué même aux enfants, quand on truffe leur tendre matière grise de macabres aspirations au sacrifice, au martyre.
Louable certes est la décision du ministre de la Justice de déférer devant le parquet les auteurs de ces tirs, même si à première vue elle a tout l'air d'un vœu pieux. À la lumière de tristes précédents, tout le monde sait en effet (à commencer par le Tribunal spécial pour le Liban) quelle immunité peuvent procurer aux malfaiteurs de tout crin ces véritables sanctuaires que sont les zones miliciennes protégées. Il n'en reste pas moins que l'initiative du général Rifi est en ceci remarquable qu'elle fait légalement obligation à certains organismes sécuritaires relevant de l'Intérieur et de la Défense de manifester quelque zèle là où il le faut le plus. Ou pour le moins de faire semblant...
Vous ne verrez plus désormais de charmants faciès de caïds de la politique, déclinés en format géant et ornant balcons, pylônes électriques et poteaux téléphoniques, ni leurs ronflants slogans s'étalant en rutilantes banderoles sur toute la largeur des rues. C'est du moins ce que l'on s'est promis lors de la dernière séance de dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah, ce vertueux engagement valant aussi bien pour Tripoli et Saïda que pour la capitale. Face à cette orgie de panneaux multicolores, vous n'aurez plus l'étrange sentiment de vivre en période de campagne électorale permanente, dans un pays où la démocratie se passe d'élections et où le Parlement en place s'octroie sans problème des rallonges de mandat mais s'avère impuissant à élire un...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
CORRECTION : PRIÈRE LIRE... ET OU LEURS CHARGEMENTS. MERCI.
09 h 15, le 04 février 2015