Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Offensive De L’Armée Tchadienne

Une guerre désormais régionale contre Boko Haram

Dans les rues de Lagos, une affiche de la campagne du président nigérian Goodluck Jonathan. Akintunde Akinleye/Reuters

L'armée tchadienne a lancé hier à partir du Cameroun une offensive terrestre au Nigeria contre Boko Haram après des mois de violences et d'expansion du groupe islamiste, premier acte d'une guerre désormais régionale.
Les Tchadiens, qui veulent pallier l'inefficacité de l'armée nigériane devant l'extension du groupe, ont aussi massé des troupes à la frontière entre le Niger et le Nigeria, à proximité immédiate de bastions de Boko Haram. N'Djamena n'a pas confirmé ce mouvement de troupes au Niger, mais selon des habitants, cette concentration comprend plus de 500 véhicules. Elle pourrait annoncer une attaque imminente sur Malam Fatori (Nigeria), contrôlée par Boko Haram et située de l'autre côté de la rivière. Par ailleurs, hier matin, des blindés et des fantassins tchadiens ont franchi le pont séparant la ville camerounaise de Fotokol de la ville frontalière nigériane de Gamboru, après d'importants bombardements aériens et d'artillerie et des échanges de tirs nourris avec les islamistes. Ainsi, ces opérations aériennes ont duré près d'une heure, puis les blindés tchadiens ont défoncé les obstacles placés sur le pont pour permettre le passage des troupes, qui sont entrées dans Gamboru vers 10h00 GMT.
L'intégralité du contingent de 2 000 hommes environ, selon des sources militaires, était entré au Nigeria à la mi-journée. « Ils ont traversé le pont accompagnés de guides originaires de Gamboru qui avaient fui la ville et en connaissent tous les recoins », a affirmé Umar Babakalli, qui réside à Fotokol. De leur côté, les forces camerounaises qui protégeaient cette ville depuis des mois sont restées sur leurs positions.

Remonter vers Baga
Cette offensive tchadienne intervient à l'approche de l'élection présidentielle nigériane du 14 février, où le chef de l'État Goodluck Jonathan vise un nouveau mandat dans un pays miné par les derniers attentats, dont un dont il a réchappé lundi à la sortie d'un meeting dans le nord-est du pays.
Par ailleurs, l'objectif militaire du président tchadien Idriss Deby, qui avait annoncé vouloir reprendre la ville stratégique de Baga, située sur la rive nigériane du lac Tchad, n'est pas encore connu. Il est difficile de savoir si les troupes tchadiennes lancées depuis le Cameroun vont remonter vers Baga pour protéger leurs frontières ou si elles vont soutenir les troupes nigérianes qui ont essuyé des attaques des islamistes dans la capitale régionale de Maiduguri, à une centaine de km de là.
En attendant, la France soutient l'action tchadienne avec des missions de reconnaissance au-dessus du Tchad et du Cameroun, ont indiqué hier des sources officielles françaises, précisant que du renseignement était délivré à ces pays largement impliqués dans la lutte contre Boko Haram. De son côté, Washington a dénoncé une « crise régionale importante » en Afrique et a salué l'engagement des pays voisins contre le groupe islamiste.
L'Union africaine, quant à elle, a appelé à la mobilisation en Afrique contre les islamistes et demandé la création d'une force militaire régionale de 7 500 hommes. Sa mise en place devait être débattue à partir de jeudi dans la capitale camerounaise.

Stéphane YAS/AFP

L'armée tchadienne a lancé hier à partir du Cameroun une offensive terrestre au Nigeria contre Boko Haram après des mois de violences et d'expansion du groupe islamiste, premier acte d'une guerre désormais régionale.Les Tchadiens, qui veulent pallier l'inefficacité de l'armée nigériane devant l'extension du groupe, ont aussi massé des troupes à la frontière entre le Niger et le Nigeria, à proximité immédiate de bastions de Boko Haram. N'Djamena n'a pas confirmé ce mouvement de troupes au Niger, mais selon des habitants, cette concentration comprend plus de 500 véhicules. Elle pourrait annoncer une attaque imminente sur Malam Fatori (Nigeria), contrôlée par Boko Haram et située de l'autre côté de la rivière. Par ailleurs, hier matin, des blindés et des fantassins tchadiens ont franchi le pont séparant la ville...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut