« Votre génération doit s'habituer à vivre avec ce danger, le terrorisme, et ce pendant un certain nombre d'années », a déclaré il y a une semaine le Premier ministre Manuel Valls aux lycéens d'un établissement agricole de Seine-et-Marne. À travers ces lycéens, Valls s'adressait évidemment à tous les jeunes de France, tant à ceux qui pourraient être enrôlés par les réseaux terroristes qu'aux potentielles futures victimes de ce fléau. Aux premiers, il signale que la France ne se démobilisera pas de sitôt. Aux autres, il annonce une ère où de nouveaux réflexes devront entrer dans les mœurs. Bienvenue dans ce triste club. Chez nous, il y a des années que « ce danger, le terrorisme », fait son chemin dans les mentalités, mais autant vous le dire, M. Valls, on ne s'y habitue pas.
Malgré la présence de nombreuses écoles islamiques, il est intéressant de constater que dans les multiples épisodes terroristes qui ont secoué notre pays, très rares étaient les kamikazes libanais. Les premiers candidats au paradis sont apparus, au XXe siècle, lors de la guerre entre l'Iran et l'Irak où l'on a pu voir de jeunes enfants, le front ceint de versets coraniques, broyés dans la rage des batailles. On sait depuis lors que l'éducation joue un rôle crucial dans cette indifférence, voire ce désir de mourir pour une cause que l'on a si puissamment ancrée dans l'individu qu'elle transcende en lui, contre nature, tout instinct de vie et de survie. Bien que plus souvent qu'à son tour victime du terrorisme, le Liban n'offre pas encore aux bombes humaines un environnement favorable. À cela, plusieurs raisons parmi lesquelles sans doute une société grégaire où tout le monde connaît tout le monde, ce qui laisse peu de place aux loups solitaires ; un culte de l'enfant, surtout l'enfant mâle, qui le destine à jouir du meilleur de la vie plutôt qu'à mourir volontairement, fût-ce pour Dieu lui-même. Chez nous, il y a toujours un ange pour arrêter la main d'Abraham. Le plus important est qu'une longue cohabitation des religions a enraciné une sorte de modération qui rend chrétiens et musulmans libanais difficilement perméables au radicalisme. Dans ce pays, Dieu est si présent partout qu'il n'est pas besoin d'aller le chercher en son paradis.
Pour ce qui est de l'habitude du danger, celle-ci se traduit surtout par une inquiétude, infuse, diffuse, un affolement de bête dans un environnement hostile. Mais on n'en verra rien au premier coup d'œil. La perte de la quiétude est venue progressivement chez les Libanais, avec la génération adulte de 1975 qui a vu, incrédule, l'enfer s'ouvrir sous ses pieds. Se préparer au pire est devenu, depuis lors, non pas une stratégie, mais une seconde nature. Quand nous étions enfants, on nous avait équipés de petits transistors de couleurs vives, protection dérisoire qui nous permettait de saisir les flashes radio à l'école ou dans la rue. Ignorer le danger était en soi un danger. Nous nous sommes habitués aux barrages et aux fouilles. Nous avons gardé le réflexe dérisoire de mettre papiers d'identité, titres et un peu d'argent liquide à l'abri, au cas où. Nous savons repérer les colis et bagages suspects, les individus malveillants. La frénésie festive est devenue notre marque de fabrique, de même que les conduites létales pour soi et pour autrui, notamment sur les routes. Le danger, on ne s'y habitue pas, M. Valls. On vit avec. Au mieux, on le convertit en énergie.
Mode d’emploi
OLJ / Par Fifi ABOU DIB, le 29 janvier 2015 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
TRÈS CHÈRE MADAME FIFI ABOU DIB, CE N'EST PAS LE VIVRE ENSEMBLE... OUBLIÉ TOUS LES VINGT/VINGT CINQ ANS... MAIS LES INTÉRËTS ET LES CALCULS RÉGIONAUX QUI DICTENT LA PRÉSENTE ACCALMIE CHEZ NOUS... QUAND LES CONSIDÉRATIONS ET LES RAISONS RELIGIEUSES SONT DE MISE AUX DÉPENDS DE LA NATION ET DE LA DOUTEUSE APPARTENANCE NATIONALE !!!
10 h 51, le 29 janvier 2015