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Moyen Orient et Monde - Rencontre

Harlem Désir à « L’OLJ » : Personne ne doit être inquiété en France et en Europe en raison de sa religion

Harlem Désir, ministre français et secrétaire d’État aux Affaires européennes, et le ministre d’État allemand aux Affaires européennes, Michael Roth, lors de la conférence de presse tenue au siège de l’Onu, hier. Brendan McDermid/Reuters

Face à la montée « inquiétante de l'antisémitisme et d'autres formes d'intolérance et de préjugés », la communauté internationale se mobilise contre la discrimination raciale et l'antisémitisme dans le monde. Une réunion plénière exceptionnelle « de première nécessité », « la première du genre », s'est déroulée hier au Palais de Verre, à New York, en présence de plusieurs personnalités européennes dont le philosophe Bernard-Henri Lévy, le ministre français des Affaires européennes Harlem Désir et Michael Roth, ministre d'État allemand aux Affaires européennes de l'Allemagne.

« Cette réunion intervient suite à la hausse troublante des attaques antisémites en Europe. Néanmoins, l'antisémitisme est une des plus anciennes formes de préjugé de l'humanité », a déclaré dans un message vidéo le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, actuellement en déplacement à Davos. Trente-sept pays, dont les États-Unis, le Canada, l'Australie et l'ensemble des pays membres de l'Union européenne, sont à l'origine de la convocation de cette session exceptionnelle, dont le principe et la date avaient été décidés antérieurement aux attentats de Paris le 9 janvier.

Lutte contre le financement du terrorisme
« L'un des fronts essentiels dans la lutte contre le terrorisme est évidemment la lutte contre le financement et le blanchiment d'argent utilisé par les filières terroristes », indique à L'Orient-Le Jour Harlem Désir, à l'issue de la conférence de presse tenue au siège de l'Onu en présence de l'Allemand Michael Roth.
« C'est un des sujets que nous sommes en train de traiter aujourd'hui avec les pays européens, puisque les terroristes utilisent tous les trous noirs de la finance. Nos ministres des Finances sont en train de renforcer leur arsenal juridique pour identifier les mouvements de capitaux et les filières qui servent les terroristes pour financer leurs armements, les caches et les réseaux. Il ne peut pas y avoir de terrorisme sans financement », s'exclame-t-il.

Daech : réserves d'or et pétrole
Les pays qui financent le terrorisme ont-ils été pointés du doigt ? « Il y a très certainement des pays (qui le financent). Nous sommes maintenant confrontés à des groupes, comme l'État islamique (EI), qui contrôle des zones géographiques, même si ce ne sont pas des États, qui sont équivalents à des États », précise le ministre français. « Le groupe Daech a mis la main sur une partie des réserves d'or de l'État irakien ; il vend du pétrole en contrebande sur le marché international. Ils ont des ressources très importantes », constate-t-il. « Nous n'avons jamais été confrontés à des groupes terroristes disposant de telles ressources ! ajoute-t-il. Et d'insister : « Il faut donc absolument que l'on lutte contre les réseaux internationaux qu'ils utilisent pour financer leurs activités. »

Contrôle de l'Internet et des réseaux sociaux
La mobilisation de la communauté internationale pour combattre l'antisémitisme se fera « sur plusieurs plans », précise à L'Orient-Le Jour le ministre français. « Il doit y avoir une distinction claire entre la liberté d'expression, qui est une valeur fondamentale, et la liberté d'appeler à la haine, à la discrimination et au meurtre », souligne-t-il. « Nous considérons que les propos racistes, antisémites propagés par Internet aujourd'hui ou sous d'autres formes, ne relèvent pas de l'expression d'une opinion. Il faut donc que le droit permette de réprimer ce qui est en réalité un appel à la violence, au rejet de l'autre, et finalement au meurtre », ajoute-t-il.
Pour le ministre d'État, la protection est essentielle. La France a renforcé la protection des synagogues, des écoles juives, des centres culturels et des mosquées, « parce qu'après les attentats du mois de janvier, il y a eu des agressions contre des lieux de culte musulmans. Nous devons assurer que nul ne peut être inquiété dans nos pays en raison de sa religion, de son origine ; que les juifs puissent vivre en sécurité partout en France comme en Europe », martèle-t-il.

Cadre juridique pour l'Internet
« La propagande du fanatisme religieux, du jihadisme, de l'islamisme radical qui n'est pas l'islam, utilise énormément l'Internet qui a une grande influence sur les jeunes gens qui se sentent marginalisés dans leurs sociétés et qui accèdent ainsi aux vidéos de haine, aux appels au meurtre... Il faut limiter la diffusion de ces messages », insiste-t-il. « Nous devons donc mettre en place un cadre juridique pour que les plates-formes Internet et les grandes entreprises qui gèrent les réseaux sociaux aient une attitude responsable. »

Intégration par la citoyenneté
Il y a toutefois un « très grand travail d'éducation en direction des élèves de toutes nos écoles, éducation contre la haine, éducation à la tolérance, au respect de toute personne humaine, de la dignité, aux valeurs démocratiques, à la mémoire, à l'espoir aussi la mémoire de la Shoah ». « La bataille de citoyenneté est une réalité. C'est évidemment aussi parce que des jeunes dans nos pays ont été fascinés par cette propagande de la mort et de la violence qu'ils sont devenus des terroristes », estime-t-il. « Ils ont basculé et ont décidé d'aller en Syrie, en Irak, au Yémen, ils sont revenus comme des meurtriers. Mais avant cela, ils étaient dans nos quartiers, ils étaient dans nos villes, ils étaient dans nos écoles et ils n'ont pas partagé les valeurs démocratiques de citoyenneté qui fondent nos sociétés », se désole le ministre. Ce qui est tout aussi important est « l'adhésion aux valeurs de la citoyenneté, aux valeurs démocratiques, la lutte contre la marginalisation sociale, contre l'exclusion. Ce sera un combat long et difficile. C'est pourquoi il faut le mener avec beaucoup de détermination sur chacun de ces plans. La répression, quand elle est nécessaire, la protection parce qu'elle est indispensable aujourd'hui, l'éducation et l'intégration par la citoyenneté », a conclu Harlem Désir.

Face à la montée « inquiétante de l'antisémitisme et d'autres formes d'intolérance et de préjugés », la communauté internationale se mobilise contre la discrimination raciale et l'antisémitisme dans le monde. Une réunion plénière exceptionnelle « de première nécessité », « la première du genre », s'est déroulée hier au Palais de Verre, à New York, en présence de plusieurs personnalités européennes dont le philosophe Bernard-Henri Lévy, le ministre français des Affaires européennes Harlem Désir et Michael Roth, ministre d'État allemand aux Affaires européennes de l'Allemagne.
« Cette réunion intervient suite à la hausse troublante des attaques antisémites en Europe. Néanmoins, l'antisémitisme est une des plus anciennes formes de préjugé de l'humanité », a déclaré dans un message...
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