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Moyen Orient et Monde - Turquie

Divisés, les députés de l’AKP blanchissent quatre ex-ministres accusés de corruption

L’AKP dispose de la majorité absolue au Parlement. Umit Bektas/Reuters

Le Parlement turc s'est prononcé hier contre le renvoi devant la justice de quatre anciens ministres accusés de corruption, blanchissant définitivement Zafer Caglayan (ex-ministre de l'Économie), Muammer Güler (Intérieur), Egemen Bagis (Affaires européennes) et Erdogan Bayraktar (Environnement), après un vote nocturne. C'est sans surprise que les députés du Parti de la justice et du développement (AKP), qui disposent de la majorité absolue dans l'hémicycle, ont confirmé la décision d'une commission d'enquête qui s'était prononcée au début du mois contre le renvoi de leurs collègues devant la Cour suprême, seule habilitée à les juger.
Mais à la surprise générale, une partie des partisans du président Recep Tayyip Erdogan est entrée en rébellion. Pas moins de 48 des 318 élus de l'AKP ont ainsi voté pour le renvoi devant la justice d'Egemen Bagis, accusé comme ses trois pairs d'avoir touché des pots-de-vin pour faciliter un trafic illicite d'or avec l'Iran sous embargo. Le Premier ministre et chef de l'AKP Ahmet Davutoglu a néanmoins écarté toute inquiétude concernant une fronde éventuelle au sein de son parti. « Ces votes divergents montrent que nous avons respecté la procédure légale », a-t-il assuré à la presse en marge d'une visite à Londres. « L'AKP a agi dans la légalité, a ajouté M. Davutoglu, il n'y a eu aucune pression sur nos élus. » Malgré les propos apaisants de M. Davutoglu, le vote de la nuit a commencé à faire des vagues au sein de l'AKP, à moins de six mois des élections législatives de juin. Un de ses députés, Samil Tayyar, a dénoncé un « réseau de traîtres ». Ceux qui ont voté pour le renvoi « seront identifiés dans quarante-huit heures, l'heure d'un nettoyage du parti a sonné », a-t-il mis en garde.
Par ailleurs, un tribunal turc a condamné hier deux policiers à des peines de dix ans de prison pour avoir battu à mort un jeune manifestant, au terme d'un procès emblématique de la répression exercée par le régime islamo-conservateur lors de la fronde 2013. Des incidents ont éclaté dans la foulée devant le Palais de justice entre environ un millier de manifestants et les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser la foule, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le Parlement turc s'est prononcé hier contre le renvoi devant la justice de quatre anciens ministres accusés de corruption, blanchissant définitivement Zafer Caglayan (ex-ministre de l'Économie), Muammer Güler (Intérieur), Egemen Bagis (Affaires européennes) et Erdogan Bayraktar (Environnement), après un vote nocturne. C'est sans surprise que les députés du Parti de la justice et du développement (AKP), qui disposent de la majorité absolue dans l'hémicycle, ont confirmé la décision d'une commission d'enquête qui s'était prononcée au début du mois contre le renvoi de leurs collègues devant la Cour suprême, seule habilitée à les juger.Mais à la surprise générale, une partie des partisans du président Recep Tayyip Erdogan est entrée en rébellion. Pas moins de 48 des 318 élus de l'AKP ont ainsi voté pour le...
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