Les peshmergas kurdes ont réussi à couper la route reliant Mossoul et Tal Afar, contrôlées par l’EI. Ari Jalal/Reuters
Les forces kurdes ont lancé hier une offensive « à grande échelle » contre le groupe extrémiste sunnite État islamique (EI) dans le nord de l'Irak, avec le soutien de raids aériens de la coalition internationale antijihadiste conduite par les États-Unis.
Au cours de cette offensive, elles sont parvenues à couper la route reliant Mossoul, deuxième ville d'Irak et bastion de l'EI, et Tal Afar, une grande localité à l'ouest que les jihadistes contrôlent depuis plusieurs mois, ont indiqué de hauts responsables des services de sécurité kurdes. Les peshmergas ont également réussi à reprendre quatre secteurs occupés par l'EI.
Par ailleurs, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (OHCHR) a dénoncé « le mépris monstrueux pour la vie humaine » dont a fait preuve l'EI en Irak, en exécutant ces derniers jours de nombreux civils, dont des femmes ayant de l'éducation, après avoir été jugés par un « tribunal islamique ».
C'est dans ce contexte qu'en France, la radio RFI et le quotidien L'Opinion ont affirmé qu'une dizaine d'anciens militaires français, dont certains issus des forces spéciales et de la Légion étrangère, ont rejoint les rangs des jihadistes en Irak et en Syrie sous différentes bannières. Interrogé sur ces informations, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a apporté une confirmation partielle.
En Syrie même, au moins sept personnes ont péri hier dans un attentat à la voiture piégée dans un quartier à majorité alaouite de Homs dans le centre de la Syrie, a affirmé le gouverneur de la province à l'AFP. Cet attentat, qui a fait également 30 blessés dont certains dans un état grave, a frappé une rue marchande du quartier d'Akrama, où un attentat le 1er octobre avait fait 54 morts dont 47 enfants devant une école. Ce nouvel attentat a eu lieu alors que le bilan de raids du régime dans le secteur de Tall Hamis, dans le nord-est, sous contrôle de l'EI, a été revu à la hausse avec 43 morts et 150 blessés, alors qu'il était de 27 morts précédemment.
Enfin, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a donné hier l'ordre à son gouvernement d'activer tous les canaux internationaux pour faire libérer deux ressortissants du Japon menacés d'exécution par l'EI, qui lui a posé mardi un ultimatum de 72 heures dans une vidéo. « C'est une difficile bataille contre le temps, mais j'ai enjoint aux ministres de faire tous les efforts pour obtenir la libération des deux otages en employant tous les canaux diplomatiques et autres voies possibles », a déclaré le chef du gouvernement nippon qui a de nouveau juré de « ne pas céder aux menaces des terroristes ».
L'authenticité de la vidéo postée par l'EI n'a pu être formellement établie, mais la mise en scène rappelle celle de précédentes vidéos dans lesquelles l'EI avait revendiqué l'exécution de deux journalistes et trois humanitaires occidentaux, enlevés en Syrie. D'aucuns soulignent cependant des bizarreries, comme la direction divergente des ombres des deux otages prétendument filmés au soleil ainsi que les mouvements asynchrones de leurs tuniques en apparence agitées par le vent. Des spécialistes japonais supputent qu'il s'agit d'un montage et que le tournage a pu avoir lieu en plusieurs fois, à l'intérieur, avec des éclairages artificiels.
(Source : AFP)


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