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Culture

« Faites des photos, pas la guerre ! »

La 2e édition de Photomed Liban
OLJ
22/01/2015

La deuxième édition de Photomed a été présentée hier, au cours d'une conférence à l'hotel Le Gray en présence de MM. Michel Pharaon et Rony Arayji, respectivement ministres du Tourisme et de la Culture.

Y ont également assisté: Mmes Angelina Eichhorst, ambassadrice de la Délégation de l'Union européenne au Liban, et Milagros Hernando Echevarría, ambassadrice d'Espagne au Liban; Henri Lebreton, directeur de l'Institut français du Liban; Nada Tawil, directrice du département de communication du groupe Byblos Bank; Gordon Campbell Gray, président de Campbell Gray Hotels, créateur de l'hôtel Le Gray; Philippe Heullant, président de Photomed; Serge Akl, directeur de l'Office du tourisme du Liban à Paris et coorganisateur de Photomed; Simon Edwards, directeur artistique; Philippe Sérénon, cofondateur, et Tony el-Hage, coorganisateur.


Depuis hier soir et jusqu'au 11 février, Photomed Liban présente les œuvres de photographes internationaux et libanais tels que Mimmo Jodice, Barbara Luisi, Silvia Camporesi, Simona Ghizzoni, Beatrice Pediconi, Fabrizio Bellomo, Massimo Siragusa, Patrice Terraz, Paolo Verzone, Bernard Plossu, Leila Alaoui, Arslane Bestaoui, Keiichi Tahara, Angel Albarran-Anna Cabrera et Serge Najjar, et des expositions du patrimoine avec les archives du ministère du Tourisme et ceux de la Bibliothèque orientale de l'Université Saint-Joseph ainsi que la collection de vidéos d'artistes de la Maison européenne de la photographie à Paris.
Dans son allocution, le ministre Pharaon a affirmé que «Photomed est une expression généreuse et inventive qui reflète la diversité et l'unité géographique et culturelle de l'espace méditerranéen: espace privilégié de communication et d'échanges depuis l'antiquité phénicienne. Ce festival incarne, à travers les techniques modernes et esthétiques, la vocation d'ouverture et de fidélité de la Méditerranée à ses racines culturelles et à son histoire millénaire ».


De son côté, le ministre Rony Arayji devait dire: «Alors qu'au-delà de nos frontières déferlent des forces de la violence et du refus de l'autre détruisant sur leur passage les sites historiques et tentant de procéder à "un nettoyage culturel sans précédent", il apparaît plus que jamais essentiel de réitérer notre volonté de développer des vecteurs d'apaisement et de paix. Photomed Liban, plate-forme culturelle de rencontre internationale, de sensibilisation, de réflexion et d'échange, à laquelle nous participons aujourd'hui en fait partie. »


Angelina Eichhorst, quant à elle, lancé un nouveau slogan : «Faisons des photos et pas la guerre.» «Cette créativité et cette énergie que l'on va préserver ensemble... Au lieu de faire la guerre il faut faire des photos et autour des photos renforcer un dialogue et une diplomatie culturelle. »
Milagros Hernando Echevarría a, quant à elle, assuré son soutien à cette initiative qui fait bouger Beyrouth autour d'une belle idée et qui démontre l'énergie du pays. Elle a dit être ravie de la participation de jeunes photographes espagnols cette année, «le travail des photographes qui est basé, selon elle, sur la création, l'innovation et le voyage».


Pour Philippe Heullant, «en 2014, grâce à l'actif soutien de l'Office du tourisme du Liban à Paris et de son directeur Serge Akl, le festival Photomed a pu s'installer à Beyrouth, avec la ferme volonté de s'inscrire dans la durée. Nous abordons cette 2e édition avec l'espoir que la culture sera un facteur d'écoute, de compréhension mutuelle et de vision partagée ».


Le Festival Photomed permet de créer un lien direct entre la photographie libanaise et la photographie française et européenne. C'est un festival qui permet aussi de découvrir la jeune génération de photographes, celle née pendant ou même après la guerre civile libanaise... Ce sont ces jeunes qui sont au centre du renouveau artistique et culturel du Liban aujourd'hui.
Serge Akl a insisté, pour sa part, sur « l'importance de l'organisation de ce genre de manifestation pour continuer à renforcer les liens du Liban avec les autres pays du
pourtour de la Méditerranée et pour continuer de refléter une image positive du Liban dans son visage culturel et artistique ».
«Finalement, aider à organiser Photomed au Liban, a-t- il ajouté, relève de notre projet de continuer à construire une passerelle d'échanges culturels entre la France, la Méditerranée et le Liban, et à assurer une présence de photographes libanais à Photomed France d'année en année ! Cela contribuera à mieux faire connaître la photographie libanaise à l'étranger et à créer de nouvelles opportunités de contacts et d'échanges pour nos photographes. »


Nada Tawil, directrice du département de communication du groupe Byblos Bank a, pour sa part, expliqué « notre partenariat avec Photomed qui s'inscrit dans le cadre de notre vision d'établir la photographie en tant qu'art à part entière au Liban. En effet, ce festival méditerranéen est une opportunité unique aux artistes libanais, émergents et professionnels, de voir des œuvres de photographes consacrés et de rencontrer des galeristes, des experts et des journalistes pour renforcer leur carrière ».

 

Programme
À la Byblos Bank (avenue Élias Sarkis, Achrafieh), Mimmo Jodice, invité d'honneur, initie les visiteurs au temps infini: ses portraits de statues antiques, étonnantes de vie, renvoient aux origines du monde méditerranéen et ses vues de paysages et de mer sont une passerelle entre le passé antique et un présent immuable qui semble éternel à découvrir.


À l'Institut français de Beyrouth, les images documentaires frontales de Patrice Terraz (du 23 janvier au 15 février) font partager la vie des marins sur les navires de commerce immobilisés trop longtemps dans les ports. Elles côtoient celles de Bernard Plossu qui nous embarque dans une itinérance méditerranéenne en nous offrant son regard intimiste sur les îles italiennes présentées par Laura Serani.


Alessandra Mauro, commissaire pour l'Italie, au travers de «Songes & Visions» et «La Scène du quotidien», nous fera découvrir cinq photographes italiens à la Beige galerie dans les Jewellery Souks.
À côté, à l'Information Center, Keiichi Tahara nous révèle les angelots baroques des églises croates et les photographes espagnols Angel Albarràn et Anna Cabrera nous invitent à poser des questions sur la multiplicité de l'univers.


À la Black Gallery, Leila Alaoui, photographe marocaine, présente des portraits, faits en s'immergeant dans la vie des Marocains, en allant chercher l'âme de gens trop souvent photographiés et parfois mal à l'aise avec leur propre représentation.
Toujours dans les Souks, à la Glorietta Gallery, Barbara Luisi nous emporte sur ses vagues bleutées et nocturnes en grand format.


À Saifi Village, à la SV Galerie, Paolo Verzone nous dévoilera la vie des cadets dans les académies militaires des pays méditerranéens, et cette année la Bibliothèque orientale ouvre ses archives pour en sortir des trésors du XIXe et le début du XXe siècle dans deux expositions « Portraits d'Orient » pris par les jésuites séjournant en Proche-Orient et « Voyage en Orient » nous révélant les photographies du voyageur Charles Lallemand rehaussées en couleurs à la 169 Gallery.


À Station, Arslane Bestaoui, formé à l'Institut français de Tlemcen et sélectionné par le World Press, fait preuve d'une remarquable maturité photographique en nous présentant la vie émouvante des femmes oranaises qui vivent seules et jouent tous les rôles pour leurs enfants, aux côtés de Serge Najjar, photographe libanais, lauréat du premier concours PhotomedBeyrouth de janvier 2014, qui, lui, nous montre une architecture de Beyrouth étonnamment graphique. Également à Station, la Maison européenne de la photographie à Paris nous ouvre de nouveau sa collection de vidéos d'artistes.


Le ministère du Tourisme du Liban a conservé une grande et riche collection d'images du XXe siècle. Enfin dans l'exposition « Beirut in Motion », à l'Hôtel Le Gray, nous retrouverons les images somptueuses d'une époque dorée, celles d'un Beyrouth nostalgique des années 60 et 70.


Toutes les expositions sont ouvertes au public depuis hier mercredi 21 janvier jusqu'au mercredi 11 février 2015, sauf indiqué. Les jours et horaires d'ouverture sont disponibles sur www.photomedliban.com


Festival PhotomedLiban
@PhotomedLiban
#PhotomedLiban2015

 

 

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Pour mémoire
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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Yâââï, comme c'est gentil !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FAITES PLUTÔT "L'AMOUR" PAS LA GUERRE...

Sabbagha Antoine

Des photos, pas la guerre et pour oublier la guerre dans un Liban artistique qui demande seulement la paix .

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