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Abécédaire carcéral

Un peu comme l'Arlésienne, il est des sujets qui nous tombent régulièrement sur le ciboulot, question d'alimenter les cancans dans les bureaux à l'heure de la production. Un coup c'est le dialogue barbicho-barbu de Aïn el-Tiné, un coup c'est le pelotage feutré par sous-fifres interposés entre Mongénéral de Rabieh et le déboisé de Maarab. Un jour c'est l'électricité qui se déglingue, un autre ce sont les ordures ménagères qui schlinguent.

Cette fois, le sujet croustillant est tombé par la grâce d'une descente surprise du ministre de l'Intérieur et des pandores au pénitencier « quatre étoiles filantes » de Roumieh. Là, les poulets chargés de la mission « Coucou, nous voilà » devaient découvrir le scandale clownesque avec des années de retard : les taulards n'ont rien à envier, en matière de loisirs, à leurs concitoyens au casier judiciaire virginal.
Cigarettes pour les plus décavés, commandes de bouffe auprès d'un traiteur pour les plus vernis, Internet et réparation de téléphones mobiles pour les high-technos, service de buanderie pour les moins crades et haschisch et autres produits planants à tous les étages pour les intermittents du neurone... Roumieh, c'est les Arts et Métiers !
Certes, certains des bagnards ont mitonné plus d'atteintes aux droits de l'homme que les archives d'Amnesty International ne pourraient en contenir, mais fallait bien que quelqu'un, quelque part, ait aboyé d'en haut l'ordre de les draguer et de les masser dans le sens du bulbe. Sinon, comment expliquer que les geôliers du coin jouaient les rase-moquette devant les détenus et leur offraient des fleurs sur fond de musique classique dans leurs taules Art déco ?
Terminus, on descend ! Les pensionnaires sont vidés du bâtiment B et priés d'aller pendre leur crémaillère dans le bâtiment D. Pour Nouhad Machnouk, c'est l'heure de gloire. Des condamnés domptés par un « pendu », ça ne s'invente pas. Pourvu seulement qu'à la faveur d'une nouvelle descente il ne soit contraint de les transférer cette fois dans le bâtiment E.
Et la lettre Z est encore loin...

gabynasr@lorientlejour.com

Un peu comme l'Arlésienne, il est des sujets qui nous tombent régulièrement sur le ciboulot, question d'alimenter les cancans dans les bureaux à l'heure de la production. Un coup c'est le dialogue barbicho-barbu de Aïn el-Tiné, un coup c'est le pelotage feutré par sous-fifres interposés entre Mongénéral de Rabieh et le déboisé de Maarab. Un jour c'est l'électricité qui se déglingue, un autre ce sont les ordures ménagères qui schlinguent.
Cette fois, le sujet croustillant est tombé par la grâce d'une descente surprise du ministre de l'Intérieur et des pandores au pénitencier « quatre étoiles filantes » de Roumieh. Là, les poulets chargés de la mission « Coucou, nous voilà » devaient découvrir le scandale clownesque avec des années de retard : les taulards n'ont rien à envier, en matière de loisirs,...
commentaires (4)

Superbe, comme d'hab, Gaby Nasr! "mais fallait bien que quelqu'un, quelque part, ait aboyé d'en haut l'ordre de les draguer et de les masser dans le sens du bulbe." Qui aurait pu nous expliquer mieux que lui, et en aussi peu de mots, ce qui s'est effectivement passé à Roumieh?

Georges MELKI

10 h 13, le 16 janvier 2015

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Commentaires (4)

  • Superbe, comme d'hab, Gaby Nasr! "mais fallait bien que quelqu'un, quelque part, ait aboyé d'en haut l'ordre de les draguer et de les masser dans le sens du bulbe." Qui aurait pu nous expliquer mieux que lui, et en aussi peu de mots, ce qui s'est effectivement passé à Roumieh?

    Georges MELKI

    10 h 13, le 16 janvier 2015

  • on joue aux scrabble niveau pré-scolaire international.

    Bahijeh Akoury

    09 h 33, le 16 janvier 2015

  • Comme le haschisch doit être inspirateur des jihadistes hôtes d'un "pénitencier quatre étoiles filantes" ! Surtout quand ils donnent l'ordre de s'exploser à des candidats aux soixante dix vierges.

    Halim Abou Chacra

    06 h 16, le 16 janvier 2015

  • "Roumieh, c'est les Arts et Métiers !". Et pourquoi pas alors, les Arts and Crafts. Et puis, "Des condamnés domptés par un « pendu », ça ne s'invente pas." ! On ne peut pas trouver mieux !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 20, le 16 janvier 2015

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