Le drapeau était en berne hier à Kiev. Gleb Garanich/Reuters
L'Ukraine portait hier le deuil des 13 civils tués l'avant-veille lors d'un bombardement dans l'Est séparatiste prorusse, où la récente recrudescence des combats pourrait mener selon Kiev à une « guerre continentale à grande échelle ». Sur fond d'un important regain de violences dans l'Est rebelle prorusse, le secrétaire du Conseil national de sécurité ukrainien Oleksandre Tourtchinov a évoqué hier au Parlement devant les députés « deux scénarios » pour l'avenir du pays.
Ainsi, le premier est la reprise des hostilités à grande échelle et une attaque avec la participation active des forces armées russes, dont les conséquences pourraient devenir une guerre continentale à grande échelle, a-t-il assuré. Le deuxième scénario, selon M. Tourtchinov, « implique des tentatives du Kremlin visant à empêcher la stabilisation de la situation en Ukraine » pour l'épuiser économiquement et militairement.
En outre, Kiev et l'Occident accusent la Russie d'armer la rébellion prorusse et d'avoir déployé ses troupes régulières en Ukraine, ce que Moscou dément catégoriquement. Car, près de la frontière ukrainienne, environ 52 000 troupes russes sont stationnées avec plus de 300 chars, 1 800 véhicules blindés et 750 systèmes d'artillerie ainsi que 360 avions et hélicoptères de combat, selon la même source. Face à cette menace, l'Ukraine a adopté une loi prévoyant cette année trois vagues de « mobilisation partielle » dont la première débutera le 20 janvier et touchera environ 50 000 personnes. « L'Ukraine se prépare à la guerre. Nous sommes prêts à donner la réponse adéquate. Nous ne sommes pas faibles », a répondu hier le président de la « république autoproclamée de Donetsk (DNR), Alexandre Zakhartchenko.
Après quelques semaines de calme relatif, les combats dans l'Est connaissent un net regain depuis plusieurs jours. Par conséquent, deux militaires ukrainiens et deux civils ont été tués dans les combats en 24 heures, selon les autorités ukrainiennes. À Donetsk, fief rebelle, d'intenses combats se poursuivaient à l'aéroport, un des points les plus chauds du conflit où des représentants de l'OSCE devaient se rendre à la mi-journée.
Enfin, l'Ukraine était en deuil hier pour commémorer les 13 civils tués mardi dans un bus de ligne frappé par une roquette qui visait un barrage ukrainien à Volnovakha, la plus sanglante attaque contre des civils depuis les accords de paix de Minsk en septembre.
(Source : AFP)


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