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Moyen Orient et Monde - France

Économie, climat, international, société : l’impopulaire Hollande est à l’offensive sur tous les fronts

L'émergence de l'EI est due à la non-intervention en Syrie, affirme le président.

François Hollande était l’invité hier matin de France Inter où il a défendu et présenté durant deux heures ses priorités pour l’année 2015. Remy de la Mauviniere/Pool/Reuters

Économie, climat, international, société : l'impopulaire président est à l'offensive sur tous les fronts pour tenter de se remettre en selle dans la perspective d'une candidature à sa réélection, même s'il a assuré ne pas s'en préoccuper « pour l'instant ».
Ainsi, François Hollande a « assumé » hier l'échec de sa politique de lutte contre le chômage mais brandi avec combativité l'étendard des réformes visant à réveiller l'espoir d'une sortie de crise.
Lancé dans une tentative de reconquête de l'opinion à l'aube d'une année électorale décisive (départementales en mars, régionales en décembre), le chef de l'État, invité pendant deux heures de France Inter, l'a concédé : face au chômage qui a atteint un nouveau record en fin d'année, « il y a une responsabilité, celle que j'assume ». « Je suis président de la République, je ne vais pas dire : "c'est la faute de l'étranger, de la crise" », a-t-il insisté.
François Hollande s'est toutefois vivement défendu de se limiter à « un traitement social du chômage », affirmant mener les réformes nécessaires pour « créer durablement de l'emploi » et prêt à prendre « tous les risques » pour y parvenir.
Sans annoncer d'initiatives, il a égrené la liste des chantiers de l'exécutif comme le pacte de responsabilité avec sa baisse massive des prélèvements sur les entreprises ou la loi d'activité et de croissance dite « loi Macron », qui regroupe des initiatives hétéroclites allant des voyages en bus au travail du dimanche en passant par les tarifs des notaires. « Je changerai tout ce qui bloque, empêche, freine et nuit à l'égalité et au progrès », a-t-il proclamé, ostensiblement offensif, promettant de tout faire pour obtenir une croissance supérieure à 1 %.

Crise identitaire
Sur le front intérieur, le président a appelé à garder « les nerfs solides, la pensée ferme », devant la crise identitaire « grave » traversée par la France, où l'extrême droite est l'une des plus puissantes d'Europe. Il a dit refuser qu'« on s'en prenne à l'autre comme ça s'est passé dans un cimetière », après le refus du maire d'une commune de la région parisienne d'inhumer dans le cimetière un bébé rom, une affaire qui a indigné en France.
Au chapitre international, il s'est voulu tout autant à l'offensive, annonçant une rencontre impromptue avec la chancelière allemande Angela Merkel dimanche à Strasbourg pour « parler de l'avenir de l'Europe ». Bruxelles travaille d'arrache-pied au plan Juncker prévoyant 315 milliards d'euros d'investissement en trois ans.
Très actif dans la recherche d'une solution politique à la crise ukrainienne, il a confirmé qu'il se rendrait à Astana (Kazakhstan) le 15 janvier pour y retrouver les présidents russe et ukrainien Vladimir Poutine et Petro Porochenko ainsi qu'Angela Merkel, mais « à une condition, c'est qu'il puisse y avoir de nouveaux progrès ».
M. Hollande a aussi mis en avant un agenda international intense, qui culminera en décembre à Paris avec une conférence mondiale sur le climat pour laquelle il espère un accord « contraignant » sur la lutte contre le réchauffement de la planète.
Pour financer celle-ci, il a plaidé en faveur de l'instauration « au plus tard en 2017 » d'une taxe sur les transactions financières en Europe « la plus large possible ».

Libye et Syrie
Au plan diplomatique, il a écarté l'idée d'une intervention française en Libye, mais appelé la communauté internationale à « prendre ses responsabilités » face à la menace d'un nouveau sanctuaire jihadiste dans ce pays.
La montée en puissance en Syrie de l'État islamique est due au fait que les Occidentaux ne sont pas intervenus à la mi-2013 contre le régime de Bachar el-Assad, a estimé par ailleurs François Hollande. « Il n'y a pas eu d'intervention, on a Daech maintenant, un mouvement terroriste qui s'est installé », a regretté le président français qui avait milité, en vain, auprès de son homologue américain pour des frappes aériennes contre le régime accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre sa population. Prêt à intervenir militairement, François Hollande n'avait pas été suivi par Barack Obama, qui avait renoncé à la dernière minute à l'option militaire, également abandonnée par les Britanniques. La France participe actuellement à une coalition contre l'État islamique mais réserve ses frappes aériennes à des objectifs en Irak mais pas en Syrie.
Au sortir d'une « annus horribilis », François Hollande multiplie les initiatives pour se rapprocher des Français tout en redorant son image présidentielle dégradée.
Le chef de l'État se déplace depuis quelque temps sur le terrain sans médias ou reçoit des anonymes à l'Élysée. Renouant avec une tradition ancrée par ses prédécesseurs, Philae, un labrador, niche depuis peu à l'Élysée.
François Hollande bénéficie d'une légère embellie dans les enquêtes d'opinion. Sa cote, tombée au plancher jamais vu de 13 % à l'automne, a rebondi en décembre, un sondage publié avant Noël le créditant de 25 % d'opinions favorables.

Économie, climat, international, société : l'impopulaire président est à l'offensive sur tous les fronts pour tenter de se remettre en selle dans la perspective d'une candidature à sa réélection, même s'il a assuré ne pas s'en préoccuper « pour l'instant ».Ainsi, François Hollande a « assumé » hier l'échec de sa politique de lutte contre le chômage mais brandi avec combativité l'étendard des réformes visant à réveiller l'espoir d'une sortie de crise.Lancé dans une tentative de reconquête de l'opinion à l'aube d'une année électorale décisive (départementales en mars, régionales en décembre), le chef de l'État, invité pendant deux heures de France Inter, l'a concédé : face au chômage qui a atteint un nouveau record en fin d'année, « il y a une responsabilité, celle que j'assume ». « Je...
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