Le prince al-Walid ben Talal a critiqué la politique budgétaire de l’Arabie. Fayez Nureldine/AFP
Le prince milliardaire saoudien al-Walid ben Talal a tiré à boulets rouges sur la politique budgétaire de son pays qui a prévu un déficit record pour l'exercice 2015 en raison de la chute des cours du brut.
« Nous avons atteint un seuil dangereux (...) après avoir commencé à puiser dans les réserves » financières du royaume pour combler le déficit budgétaire, a lancé le prince al-Walid à l'adresse du ministre des Finances dans une lettre ouverte.
La semaine dernière, le premier exportateur mondial de brut a annoncé un budget en hausse pour 2015 mais qui prévoit un déficit record de 38,6 milliards de dollars.
Les dépenses seraient de 229,3 milliards de dolars, légèrement en hausse par rapport aux prévisions de 2014, et les revenus de 190,7 milliards, en forte baisse par rapport aux 228 milliards de dollars prévus en 2014.
Le prince al-Walid, membre de la famille régnante saoudienne et le plus riche investisseur privé arabe, a déclaré que Riyad n'aurait pas dû laisser ses dépenses dépasser les prévisions, surtout que les prix du brut sont en baisse.
Les recettes pétrolières contribuent à hauteur de 90 % des revenus du royaume, qui pompe environ 9,6 millions de barils par jour (mbj).
Si le gouvernement avait contenu ses dépenses de l'an dernier dans la limite de ses prévisions, un excédent d'au moins 50 milliards de dollars aurait été réalisé, a indiqué le prince.
En raison de l'échec à maîtriser une augmentation des dépenses, 53 milliards de dollars au total auront été puisés en deux ans dans les réserves financières du pays, estimées à 750 milliards de dollars, a-t-il encore expliqué.
Le prince a également critiqué la façon dont les réserves saoudiennes sont investies, particulièrement sous forme d'obligations américaines et européennes avec un faible rendement d'environ 2,4 % par an.


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