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L'adieu de Tripoli à Omar Karamé

Liban

Multiplication des hommages.

N.B. | OLJ
02/01/2015

Les obsèques de l'ancien Premier ministre libanais, Omar Karamé, ont eu lieu vendredi à Tripoli. Parti de l'hôpital de l'université américaine de Beyrouth, le cercueil est arrivé dans la capitale du Liban-nord à 9h15, pour atteindre deux heures plus tard, porté par la foule dense malgré la pluie, la mosquée Mansouri.

 

Premier ministre à deux reprises, notable de Tripoli, héritier d'une grande famille politique sunnite libanaise, Omar Abdel Hamid Karamé s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 80 ans. M. Karamé est mort des "suites d'une longue maladie", a indiqué sa famille dans un communiqué diffusé jeudi.

 

Le Premier ministre Tammam Salam et les anciens Premiers ministres Nagib Mikati et Fouad Siniora, étaient assis côte à côte lors des funérailles dirigées par le mufti de la République libanaise Abdellatif Deriane et le mufti de Tripoli et du Liban-Nord, cheikh Malek Chaar. Les ministres Gebran Bassil, Élias Bou Saab, Waël Bou Faour et Akram Chehayeb, les députés Samir Jisr et Mohammad Kabbara faisaient partie des personnalités politiques présentes aux obsèques.

 

Capture d'écran de la LBCI.

 

M. Karamé était père de quatre enfants, deux filles et deux garçons, dont Fayçal, qui a été ministre des Sports dans le gouvernement de Nagib Mikati. "Je promets d'avoir ton approche en paroles et en actes jusqu'au dernier souffle", a déclaré Fayçal Karamé en hommage à son père lors des obsèques.

Après l'annonce du décès de M. Karamé, plusieurs figures politiques libanaises lui ont rendu hommage. L'ancien président Michel Sleiman a estimé que "le Liban a perdu un homme qui a fait preuve de courage dans la prise de décision dans les moments cruciaux". "Avec son décès, nous perdons une des voix de l'appel au dialogue et un pilier de la ville de Tripoli", a déclaré Saad Hariri, leader du Courant du futur rejoint par le président des Kataëb, Amine Gemayel pour qui "le décès de Omar Karamé est une perte pour le Liban et pour Tripoli, ville du dialogue, de la modération et de l'ouverture".

 

 Le foule et Fayçal Karamé, portant le cercueil de son père. REUTERS/Omar Ibrahim

 

Sleiman Frangié, chef des Marada, a rendu hommage à la famille de Omar Karamé estimant qu'elle "fait partie intégrante de l'Histoire depuis l'indépendance et jusqu'à aujourd'hui". Le père de Omar Karamé, Abdelhamid, était une figure éminente de l'Indépendance en 1943, et son frère, Rachid, avait été assassiné dans un attentat en 1987. Ils ont tous deux été Premiers ministres avant lui. "Tu vas manquer à la scène politique qui a besoin de toi et de tes positions courageuses (...) Tu vas manquer à Tripoli que tu n'as jamais laissée", a déclaré M. Frangié.

"Avec le départ de Omar Karamé le Liban perd un leader national, un homme d'État qui a servi son pays avec dévotion et responsabilité et œuvré pour l'unité du Liban et des Libanais", a indiqué, de son côté, le ministre de l'Information Ramzi Jreige. 

 

Le député de Tripoli, Samir Jisr a rappelé que "Omar Karamé a aimé Tripoli et le Liban, il a fait beaucoup pour les deux". "Il va manquer à Tripoli surtout lorsque la ville aura besoin de ses positions courageuses et sincères", a-t-il poursuivi. "Le Liban et Tripoli ont perdu un patriote par excellence, il a défendu son pays, sa ville et son peuple ainsi que son arabité et son indépendance", a renchéri son collègue, le député Mohammad Kabbara

Les partis chiites ont également rendu hommage à M. Karamé via des communiqués. Pour le Hezbollah, "le Liban a perdu une personnalité sage, sobre et consciente des dangers que nous vivons, ainsi qu'un homme qui a toujours soutenu la résistance et l'arabité du Liban (...) Il était un des grands hommes du Liban". Amal, de son côté, a salué "un défenseur de la résistance jusqu'au dernier dernier souffre qui œuvrait pour le Liban et sa souveraineté".

 

Vendredi, c'était au tour du Hamas de rendre  hommage à M. Karamé. "Nous perdons un leader libanais qui s'est tenu à côté des demandes humanitaires des réfugiés palestiniens telles que le droit de travailler et la reconstruction du camp de Nahr el-Bared".

 

Voir ici la nécrologie d'Omar Karamé

 

 

 

 

 

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