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Nouvelle diatribe anti-européenne du président Erdogan

Turquie

Le chef de l'Etat turc réagissait aux déclarations de dirigeants européens qui ont dénoncé l'arrestation de 30 personnes dimanche, dont des journalistes d'opposition de renom.

OLJ/AFP
17/12/2014

Le président islamo-conservateur turc a lancé mercredi une nouvelle salve critique contre l'Union européenne qui a dénoncé les atteintes à la liberté de la presse en Turquie, déclarant que le bloc européen n'avait pas de "leçon de démocratie" à donner à son pays.

"Ils disent qu'ils vont donner une leçon de démocratie à la Turquie, faites l'effort de venir ici afin que la Turquie vous donne une telle leçon", a insisté Recep Tayyip Erdogan dans un discours prononcé à Konya (centre) à l'occasion de l'inauguration d'une nouvelle ligne de train à grande vitesse.

L'homme fort de Turquie réagissait aux déclarations de dirigeants européens qui ont dénoncé l'arrestation de 30 personnes dimanche, dont des journalistes d'opposition de renom, lui rappelant que les progrès dans les négociations d'adhésion de son pays dépendaient de son respect des règles démocratiques. "L'UE doit se regarder dans un miroir", concernant ses politiques en Syrie et en Egypte, deux pays avec lequel la Turquie a rompu à cause de leurs régimes, a déclaré M. Erdogan au dixième anniversaire du feu-vert donné par la Commission européenne au lancement des négociations d'adhésion entre Ankara et l'UE.

 

(Lire aussi : Erdogan dénonce "l'impertinence" américaine dans la crise syrienne)

 

Le chef de l'Etat turc a poursuivi sa diatribe anti-européenne en accusant l'UE d'avoir eu recours à des tactiques dilatoires pendant ces dix dernières années pour retarder son adhésion. "C'est simple : ils vous appartient de faire entrer ou non la Turquie", a-t-il souligné, ajoutant: "vous pouvez parler contre la Turquie tant que vous voulez, c'est elle qui définira sa route". M. Erdogan a ensuite demandé au bloc européen de cesser de "pointer du doigt la Turquie pour lui faire la morale comme le ferait une gouvernante".


Climat délétère entre Ankara et Bruxelles

Le climat a viré à l'aigre entre Ankara et Bruxelles après la vague d'arrestations de dimanche. A peine rentrée de sa première visite à Ankara, où elle s'était rendue le 8 décembre pour améliorer les relations UE-Turquie, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a critiqué ces arrestations.
Recep Tayyip Erdogan a réagi en demandant à l'UE de "se mêler de ses affaires".

Engagés en 2005, les pourparlers d'adhésion de la Turquie à l'UE avaient repris l'année dernière, après un gel de trois ans. Mais très vite, ils ont buté à nouveau sur le raidissement du régime turc, face à la justice, l'opposition et la presse.

 

(Lire aussi: Erdogan et l'art absolu de la polémique)

 

Sur les 30 suspects interpellés dimanche lors de la rafle policière, 12 ont été relâchés depuis et 18 autres étaient toujours interrogés, dont Ekrem Dumanli, le rédacteur en chef de Zaman, l'un des grands quotidiens en Turquie, et le directeur de la télévision Samanyolu, Hidayet Karaca.

Cette opération s'inscrit dans la lutte engagée par le pouvoir d'Ankara contre le mouvement de son ex-allié, le chef religieux Fethullah Gülen, âgé de 73 ans, qui vit aux Etats-Unis depuis 15 ans. Le pouvoir turc accuse le mouvement Gülen d'avoir cherché à former un "Etat parallèle" et à comploter pour le renverser.

La dernière vague d'arrestations survient un an après des accusations de corruption portées contre le gouvernement de M. Erdogan, alors Premier ministre. Les autorités, qui ont nié avec véhémence, ont accusé Gülen d'avoir manipulé les enquêtes et ont lancé une véritable guerre contre son mouvement, procédant à des purges dans la magistrature et la police.

Mercredi, un an jour pour jour après l'ouverture de la première des deux enquêtes pour corruption visant M. Erdogan et son entourage politique, une manifestation a été organisée dans le centre de la capitale Ankara.

Environ 500 manifestants ont scandé "Au voleur" et conspué les dirigeants islamo-conservateurs.
Ces enquêtes judiciaires ont été enterrées malgré les vives protestations de la société civile et de l'opposition parlementaire, la justice prononçant un non-lieu général à l'encontre de dizaines de suspects, proches du régime.

 

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