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Moyen Orient et Monde - Climat

Après Lima, le plus dur reste à faire à Paris

Enrique Castro-Mendivil/Reuters

Faute d'avancée majeure à la conférence de Lima sur le climat, les regards se tournent déjà vers le sommet prévu dans un an à Paris, sans aucune garantie d'y voir émerger un traité mondial susceptible d'enrayer le réchauffement climatique. Au mieux, la 21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques permettra de revoir le fonctionnement des discussions annuelles de l'Onu et de dégager des pistes pour développer des mesures susceptibles de réduire sur la durée les émissions de gaz à effet de serre.
Au terme de négociations marathon qui se sont achevées après une prolongation d'une trentaine d'heures, les représentants des 190 participants à la Cop 20 de Lima ont approuvé quelques éléments de base d'un futur traité mondial sur le climat qui devra être conclu à la conférence de Paris. La déception des organisations environnementales a été à la hauteur de leurs attentes, elles qui espéraient conserver l'élan donné par l'annonce par les États-Unis, la Chine et l'Union européenne d'objectifs concrets de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces espoirs se sont heurtés aux lignes de fracture traditionnelles entre pays riches et pauvres, que ce soit sur le partage de la responsabilité de la réduction des émissions des gaz à effet de serre, le droit de regard des uns et des autres sur le respect des objectifs, ou encore la contribution financière que doivent verser les pays développés dans les prochaines années.
Les Nations unies estiment qu'il est déjà évident que les engagements en matière de réduction des émissions au sommet de Paris de l'an prochain ne suffiront pas pour atteindre l'objectif affiché, à savoir limiter le réchauffement à 2 °C au-dessus de la température moyenne de l'ère préindustrielle. « Il restera beaucoup à faire à Paris l'an prochain », a reconnu le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Le compromis de Lima « contient aussi les prémices de l'accord de Paris. Cet accord, qui demandera encore un travail important et délicat, devra apporter des réponses concrètes pour lutter contre le dérèglement climatique, notamment en faveur des pays les plus vulnérables », a-t-il dit.

Déficit d'autorité
Certains gardent toutefois l'espoir de voir la conférence de Paris servir de tremplin à une refonte du système onusien de lutte contre le réchauffement climatique et permette d'effectuer une transition entre l'ère de la diplomatie et celle, plus technocratique, de la prise d'engagements susceptibles d'être évalués et comparés. Yvo de Boer, ancien responsable du climat à l'Onu et actuel chef de l'institut Global Green Growth d'aide aux pays en développement, souligne que le principal problème des négociateurs de l'Onu réside dans leur déficit d'autorité. « Si les dirigeants du G20 se réunissaient et disaient : Mettons-nous au travail, tout serait résolu en une demi-heure », a-t-il déclaré, poursuivant : « Paris pourrait être l'opportunité de changer cela, si les contours du travail à effectuer sont dessinés. Cela pourrait permettre de passer à un processus technique et non plus un processus politique. »
Il y a cependant peu de signes qui laissent entrevoir une telle issue.

Alister DOYLE et Valérie VOLCOVICI/Reuters

Faute d'avancée majeure à la conférence de Lima sur le climat, les regards se tournent déjà vers le sommet prévu dans un an à Paris, sans aucune garantie d'y voir émerger un traité mondial susceptible d'enrayer le réchauffement climatique. Au mieux, la 21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques permettra de revoir le...

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