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À 16 ans, quatre Libanais décrochent une médaille d’or dans une compétition internationale d’inventions

La bonne nouvelle du lundi - Distinction

Coupures d'électricité, crise économique, malaise social, clivages politiques accrus, tensions communautaires... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, « L'Orient-Le Jour » se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

Nour BRAIDY | OLJ
15/12/2014

Futurs ingénieurs, aujourd'hui en classe de 1re S au Collège Notre-Dame de Jamhour, Maurice Adaïmi, Anthony Haddad, Jad Béchara et Anthony el-Chaër sont partis fin novembre à Séoul avec leur création. Quelques jours plus tard, ils rentraient au Liban avec une médaille d'or remportée à l'immense Seoul International Invention Fair (SIIF).

Le concept du projet du groupe, qui à partir des initiales des prénoms s'est baptisé JAMAE, consiste à déplacer «par la pensée» un objet doté d'un moteur. Un système que ces jeunes ont testé avec succès, sur un fauteuil roulant. Le matériel nécessaire est relativement simple: un casque, un ordinateur, un circuit électrique, un fauteuil roulant avec moteur.

«Le casque, électroencéphalogramme et électromyogramme, envoie par connexion sans fil les informations qu'il reçoit du cerveau à un ordinateur. Celui-ci va interpréter les ondes et leur attribuer une action: en avant, en arrière, à gauche, à droite, stop», explique Anthony Haddad, 15 ans, à L'Orient-Le Jour. Ainsi, le handicapé sur son fauteuil pourra se déplacer par la volonté en vue d'une action déterminée.

Présenté comme cela, le concept n'est pas nouveau. Des modèles de fauteuils roulants contrôlées par la pensée ont déjà été conçus. Le caractère nouveau du projet des jeunes Libanais se situe au niveau de la flexibilité du système, totalement adaptable, montable et démontable, assurent-ils, sur tout objet doté d'un moteur.

Le système s'adapte « à tous les fauteuils roulants et à tout ce qui a un moteur comme un véhicule tout-terrain, une construction en Lego, une voiture téléguidée». «L'idée est de contrôler tout ce qui est électronique!» explique Jad, 16 ans, qui précise que le groupe a décroché un certificat d'invention de l'Association nationale des sciences et de la recherche, la veille du départ de Séoul.

Leur projet avait commencé un peu par hasard alors qu'ils étaient en classe de 2de. «Je faisais partie du club de robotique et mon professeur, M. Sadek Bark, m'a dit que des compétitions allaient avoir lieu au niveau national et que si je souhaitais y participer, je devrais former un groupe et trouver une idée. J'ai fait appel à mes amis et le groupe s'est constitué!» explique Maurice, 16 ans.

Un casque commandé sur Internet, un fauteuil roulant électrique emprunté à leur collège, un travail intensif et plusieurs nuits blanches plus tard, JAMAE remporte sa première compétition organisée par l'AUB en mars 2014. À l'époque, le fauteuil était encore un prototype. En mai 2014, JAMAE participe à une compétition nationale organisée à l'Unesco par l'Association nationale des sciences et de la recherche. «Notre fauteuil était devenu fonctionnel, il pouvait être contrôlé par le cerveau. Nous avons remporté la première place et reçu des bourses universitaires», indique Maurice.

En août 2014, JAMAE participe à sa première compétition internationale en Jordanie. 32 pays sont en lice, 10 groupes sortent gagnants, dont JAMAE. L'Association nationale des sciences et de la recherche propose alors aux quatre garçons d'aller à Séoul «la» capitale de la technologie. Une idée qui alors leur semble folle, «mais lorsque nous avons su que nous étions les seuls représentants du Liban, notre seul souci était de bien faire», souligne Jad.

Toutefois, rien ne se passe vraiment comme prévu. Après de nombreuses complications avec la compagnie aérienne, qui refuse de transporter un fauteuil roulant sans handicapé, le groupe, financé par la Société générale de banque au Liban (SGBL) et accompagné par le Dr Ahmad Chaalane, président de l'Association nationale des sciences et de la recherche, décide alors de recourir à son plan B: présenter la vidéo de la construction du fauteuil et remplacer le fauteuil par une construction en Lego.

La partie n'était pas gagnée. La SIFF est une grosse compétition: 730 groupes, venus de 44 pays, tous des gagnants nationaux. «Et nous étions les plus jeunes! On nous disait : vous êtes des génies ! » se souvient Anthony Haddad. «C'était de la vraie concurrence!» note de son côté Maurice. Et pourtant JAMAE remporte la médaille d'or dans sa catégorie (science informatique, logiciels, électronique, méthodes électriques de communication).

«C'était un sentiment indescriptible! Bien plus que du bonheur et de la fierté, dit Anthony el-Chaër. J'ai appris à ne jamais me sous-estimer et qu'un bon projet est toujours gagnant!» Mais un des moments qui a le plus marqué le groupe, raconte Maurice, c'est lorsque «nous avons montré la vidéo de notre projet à un handicapé coréen, il avait l'air vraiment heureux! Nous l'avons vu repartir avec le sourire».

Quel est le programme de JAMAE maintenant? «À la base, nous nous sommes lancés dans ce projet parce que c'était une bonne chose pour notre CV. Mais maintenant, notre but est de perfectionner notre fauteuil pour pouvoir aider les personnes qui en ont besoin.»

Le site de JAMAE : http://jamaerobotics.appspot.com/



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DÉGAGEZ LES ABRUTIS... ET REMPLACEZ-LES PAR DE TELS JEUNES LIBANAIS ! ILS CONDUIRONT MIEUX LE PAYS... À COUP SÛR ! BRAVO LES JEUNES !!!

NAUFAL SORAYA

C'est fantastique! Bravo et bonne continuation!!!

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