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Laury Haytayan, Libanaise, engagée et distinguée

La bonne nouvelle du lundi

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Nour BRAIDY | OLJ
08/12/2014

Le Conseil des femmes arabes (Arab Women's Council) a remis, le 30 novembre dernier à Dubaï, une série de prix d'excellence à plusieurs femmes dont deux Libanaises connues du grand public : la journaliste Elham Freiha et la poète Salwa Khalil el-Amine. Une troisième Libanaise, que l'on connaît moins, a elle aussi été distinguée. Femme active, membre de la société civile et candidate aux législatives, Laury Haytayan a reçu, des mains de la présidente du Arab Women's Council, Lina Moukarzel, et du consul saoudien à Dubaï, Nayef el-Rachid, la première distinction de sa carrière pour son rôle actif dans la promotion de la responsabilité sociale.

L'objectif de ce conseil régional, qui fait partie de l'Organisation arabe pour la responsabilité sociale, est, entre autres, d'encourager les femmes à s'impliquer au sein de la société et de mettre en lumière celles qui excellent dans différents domaines tels que l'éducation, l'économie, les affaires...

Laury Haytayan, 39 ans, associée au bureau beyrouthin de l'Institut pour la gouvernance des ressources naturelles (Natural Resource Governance Institute, NRGI), estime avoir reçu cette distinction parce qu'elle « représente la jeune génération de femmes travaillant dans un secteur considéré comme étant plutôt masculin ». Dans le cadre de son travail, elle tente de donner les outils nécessaires aux journalistes et parlementaires de la région arabe « pour qu'ils soient en mesure de tenir le gouvernement responsable dans la gestion des ressources naturelles telles que le pétrole et le gaz ». « Tout ce que je fais depuis plus d'une dizaine d'années est de promouvoir des institutions fortes, parce que lorsque l'on en a, le clientélisme n'a plus de raison d'être et les politiciens corrompus perdent leur force », confie-t-elle à L'Orient-Le Jour.
Pour Laury Haytayan, épouse du présentateur Zaven Kouyoumdjian et mère de deux enfants de 7 et 11 ans, « la femme ne doit pas avoir à choisir entre la famille et le travail. Si je réussis à conjuguer les deux, alors il est évident que beaucoup d'autres femmes peuvent le faire. Malheureusement, les femmes libanaises n'ont pas beaucoup d'exemples à suivre. »

Lors de son discours de remerciement, Laury Haytayan a donc choisi de remettre sa distinction « à la femme libanaise qui continue de se battre pour obtenir ses droits politiques et sociaux les plus basiques et contre la violence domestique face à un État libanais absent ». Les autres lauréates, venues de tout le monde arabe, ont, elles, remercié leur gouvernement pour avoir promu le rôle de la femme, dit-elle. « Il est très triste qu'une réalité toute autre se cache derrière l'apparente ouverture de la société libanaise. On pense que la femme libanaise, parce qu'elle peut conduire, voyager et porter ce qu'elle veut, a tous ses droits. Mais, en fin de compte, il lui est difficile d'accéder au Parlement, elle n'est pas membre de partis politiques et il y a des sujets qui sont encore tabous, comme le droit à l'avortement, alors qu'il est très important que la femme puisse faire ce qu'elle veut avec son corps. »

C'est pourquoi Laury Haytayan a choisi de faire un pas de plus dans sa carrière et de présenter sa candidature au siège arménien orthodoxe de la circonscription Beyrouth II. « Il est temps que le peuple libanais ait le choix, une alternative, une voix autre que celles du 8 et du 14 Mars, explique-t-elle. Nous avons besoin de femmes qui ne viennent pas d'une famille politique, mais qui ressemblent à tous les Libanais ».

Son programme politique est prêt. Elle a déjà choisi les réformes qu'elle prévoit d'introduire : la transparence dans le travail des commissions parlementaires, l'accès à l'information, le droit civil, le mariage civil. Une grande partie de son programme est évidemment dédiée aux femmes. Un quota au sein du Parlement et le droit de transmettre la nationalité sont quelques-uns de ses chevaux de bataille. Son autre combat, lié à son engagement professionnel, concerne la bonne gestion des ressources naturelles. « Les ressources naturelles sont la propriété du peuple libanais. Comme c'est le gouvernement qui gère ces ressources, il faut tout faire pour éviter une mauvaise gestion qui transformerait une bénédiction en malédiction. »


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