Les deux pays ont annoncé avoir conclu seize accords dont l’un portant sur la fabrication en Inde de l’un des hélicoptères d’attaque russes les plus avancés et un autre sur l’installation de sites de fabrication de pièces détachées pour équipement militaire en Inde. Adnan Abidi/Reuters
Le président russe Vladimir Poutine a conclu hier avec l'Inde une série d'accords dans l'énergie et la défense, cherchant en Asie l'occasion de relancer une économie plongée dans la tourmente par les sanctions occidentales et le recul du pétrole.
Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a annoncé la construction en Inde d'une dizaine de nouveaux réacteurs nucléaires de conception russe.
Modi, qui cherche à se rapprocher des États-Unis, a aussi promis lors d'une conférence de presse commune avec Poutine de maintenir son soutien à la Russie, alliée historique de l'Inde.
« L'importance de cette relation et sa place unique dans la politique étrangère de l'Inde ne changeront pas », a dit le Premier ministre indien.
Modi a insisté sur la nécessité pour l'Inde d'assurer sa sécurité énergétique, un enjeu « critique pour le développement économique de l'Inde et pour les créations d'emplois ».
Très dépendante de l'étranger pour son approvisionnement énergétique, l'Inde possède déjà à Kudankulam, dans l'État du Tamil Nadu (Sud), un réacteur de conception russe, tandis qu'un second doit entrer en fonctions, avec un retard important sur le calendrier initial.
Deux autres sont également prévus depuis un accord intergouvernemental conclu en 2008.
La visite de Poutine intervient au moment où Moscou cherche des débouchés nouveaux pour ses produits et ressources naturelles, l'économie russe souffrant des sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne, du recul des cours du pétrole et de la chute du rouble.
Parmi la vingtaine d'accords annoncés, l'un prévoit la fabrication en Inde d'un hélicoptère russe et un autre l'installation de sites de fabrication de pièces détachées d'équipement militaire en Inde. Ils ont aussi promis de relancer un projet de développement conjoint d'avions de chasse.
« En 2013, nos échanges bilatéraux ont atteint 10 milliards de dollars, nous pensons (..) que ce n'est pas assez », a dit Poutine devant la presse.
La Russie est le premier fournisseur historique d'équipement militaire de l'Inde, elle-même premier importateur mondial d'armement conventionnel. L'Inde cherche à développer ses propres capacités de production d'armement.
Partenaire-clé dans l'armement
Poutine « veut montrer au monde qu'il n'est pas isolé et, dans une certaine mesure, il ne l'est pas puisqu'il a toujours les Brics » (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud en plus de la Russie), estime Nandan Unnikrishnan, expert de la Russie.
L'Inde a refusé d'appuyer les sanctions occidentales contre la Russie. « L'Inde est concentrée sur son développement et compte sur la Russie pour obtenir un partage de technologie dans le matériel militaire », ajoute l'analyste du think tank Observer Research Foundation à Delhi.Sur le plan militaire, la donne a cependant évolué puisque Moscou a signé avec le Pakistan, rival historique de l'Inde, un accord de coopération militaire et est en négociations pour fournir à Islamabad des hélicoptères de combat



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine