La Banque centrale russe s'est trouvée hier sous forte pression pour augmenter ses taux afin de tenter de juguler l'effondrement du rouble et l'envolée des prix qui en résulte, au risque de fragiliser davantage une économie promise à la récession.
Malgré ses interventions massives sur le marché (4,5 milliards de dollars encore la semaine dernière) et les mises en garde des autorités contre les spéculateurs, rien n'y a fait. Le rouble n'a cessé de s'enfoncer et a désormais perdu un tiers de sa valeur face à l'euro depuis le début de l'année, 40 % face au dollar.
« La pression sur la Banque centrale pour qu'elle prenne des mesures audacieuses s'est considérablement renforcée ces deux dernières semaines vu le rapide déclin des cours du pétrole », ont jugé les analystes de VTB Capital. Face à une population inquiète, face au niveau de l'inflation (plus de 9 % sur un an) et condamnée à voir son pouvoir d'achat se réduire, la Banque de Russie est pressée de montrer qu'elle ne reste pas les bras ballants et de resserrer encore sa politique monétaire pour enrayer la spirale infernale.
Jouer sur les taux est par ailleurs devenu le principal outil de sa politique depuis qu'elle a décidé en novembre de laisser le rouble évoluer librement, lassée de devoir injecter des milliards de dollars pour encadrer ses mouvements sans le stabiliser.


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