J'ai été très intéressé par l'article de Mme Suzanne Baaklini paru dans l'édition de L'Orient-Le Jour du 26 novembre 2014 en page 5, sous le titre: «Au Liban, une montagne qui poursuit son imperceptible élévation sous l'effet de l'activité sismique».
Quelques précisions pourraient être utiles sur ce sujet.
Ce phénomène est connu au moins depuis L. Dubertret (1955): «L'intervention de poussées verticales, agissant de bas en haut, paraît indéniable» (P. 57).
Il s'explique d'abord par des mouvements tectoniques liés à l'isostasie – état d'équilibre hydrostatique. On s'accorde en effet sur l'hypothèse que l'évolution morphologique du Liban est en général peu poussée. La physiographie est «jeune» sauf dans la partie méridionale de la chaîne du Liban, où l'on peut parler de maturité physiographique. Vincent Tiberghien l'a réaffirmé en 1974 (Le champ de la pesanteur au Liban et son interprétation) comme suit:
«Le Liban, dans son ensemble, n'est pas compensé isostatiquement; l'épaississement de la croûte terrestre n'est vraiment effectif qu'à l'est de la Békaa.»
Le phénomène s'explique également par l'érosion. J'ai calculé que, durant l'ère quaternaire, le massif de la chaîne du Liban aurait théoriquement perdu quelque 3000 kilomètres cubes de sédiments. Ce chiffre devrait être corrigé à la baisse en tenant compte des variations du niveau de la mer. L'approche différente de E. de Vaumas conduirait plutôt à un chiffre aux environs d'un millier de kilomètres cubes.
Toujours est-il que cette érosion contribue à l'élévation du massif de quelques millimètres par an, comme l'affirme M. Voisin.
Nos lecteurs ont la parole - Gilbert El-Kareh
Une montagne qui poursuit son élévation
OLJ / le 11 décembre 2014 à 00h00

