Pour que « les gens retournent au travail », la France doit s'inspirer de la Suède, qui a revu en profondeur son système économique dans les années 90, a estimé dimanche le prix Nobel d'économie Jean Tirole.
« Nous devons suivre l'exemple de pays comme l'Allemagne et la Suède, qui ont connu des moments difficiles et ont fait beaucoup de réformes », a dit le lauréat à l'occasion d'une conférence de presse à Stockholm, rapportée par l'AFP. Dans les années 90, la Suède a traversé une grave crise financière à la suite de laquelle le pays a entrepris de vastes réformes structurelles comme l'abandon des subventions à l'emploi ou au logement, la réforme de fond de son système de retraite, ou encore la réduction des dépenses de santé. Entre 2006 et 2014, le gouvernement conservateur a mené des réformes libérales au pas de charge, en optant notamment pour une baisse de la pression fiscale (abandon des droits de succession, par exemple) et la mise en place de conditions d'accès plus strictes pour les allocations chômage ou les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie.
Le ratio des dépenses publiques sur le produit intérieur brut, monté au niveau record de 71 % en 1993, est aujourd'hui à 53 %. Selon l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's, l'économie suédoise est, aujourd'hui, « prospère, compétitive, et diversifiée ». La Suède détient l'une des dettes publiques parmi les plus basses d'Europe (prévue à 42,5 % du PIB cette année) et des taux d'emprunt qui rejoignent cette tendance.« Nous devons faire des réformes pour que les gens retournent au travail, par exemple le taux de chômage en France est très élevé (...) et aussi réformer l'État, ce que beaucoup de pays ont fait », a-t-il expliqué. Rappelons qu'en France, le taux de chômage est passé à 10,4 % au troisième trimestre.
« Si vous n'avez pas une économie viable, votre dette augmente, etc., puis à un moment vous devez en finir avec l'État providence, ce qui à mon avis serait désastreux », a prévenu l'économiste, qui a toutefois voulu se montrer optimiste. « Je ne serais pas en France si je ne croyais pas en la France », a-t-il ainsi conclu.
Économie - Croissance
« La France doit s’inspirer de la Suède »
OLJ / le 08 décembre 2014 à 00h00


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