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Liban - La Situation

Les bonnes nouvelles se font rares

Dans le grand surplace local où patine le pays, les bonnes nouvelles se font rares. La baisse du prix de l'essence pourrait en tenir lieu, la pluviométrie aussi, après une année de sécheresse, ainsi que la campagne en faveur de l'hygiène alimentaire et, depuis hier, pour l'assainissement des services fonciers ; mais aucune véritable lueur d'espoir ne brille sur les grands dossiers nationaux comme celui de la libération des militaires otages en Syrie ou celui du dialogue interne.
Au sujet des otages, la discordance semble totale entre les différents acteurs politiques. Ainsi, l'on est en droit de s'interroger sur les raisons qui ont poussé le ministre Sejean Azzi à affirmer que le parti Kataëb est hostile à la libération de tout condamné islamiste, alors même que les organisations jihadistes placent cette libération au cœur des pourparlers.
Les signaux contradictoires donnés, jour après jour, aux organisations jihadistes laissent croire que les négociations se font dans le plus grand désordre.
Au grand désespoir des familles de ces otages, qui vivent par moments un véritable martyre sous l'œil des caméras. En tout état de cause, ces discordances laissent penser que l'incohérence de l'État s'aggrave et que le « chacun pour soi » domine la vie politique, en dépit de la bonne volonté évidente de certains.

 

Le dialogue
Sur le plan du dialogue interne, l'ouverture de Saad Hariri, la semaine dernière, sur un possible dialogue avec le Hezbollah a apporté un semblant de progrès. Mais ce semblant pourrait bien s'avérer un faux-semblant.
Le dialogue entre la formation politico-religieuse et le courant du Futur n'est pas pour cette semaine, a-t-on ainsi affirmé de sources politiques concordantes, même si les deux instances ont l'intention de communiquer au président de la Chambre, Nabih Berry, un brouillon d'ordre du jour, dont ce dernier devra faire la synthèse. Faut-il s'entendre avant d'entamer un dialogue, ou dialoguer pour s'entendre ? On le voit hélas émerger à nouveau : le dilemme qui a miné toutes nos années de guerre n'est toujours pas résolu.
C'est « le dialogue de la nécessité », affirment pourtant les sources proches du mouvement Amal et du PSP, qui le parrainent, mais la nature même des deux formations n'augure rien de bon, puisqu'elles ne parlent pas le même langage et que leurs positions sont hypothéquées par des allégeances extérieures qui les rendent aléatoires, sans compter les consultations avec les alliés locaux des deux camps.


Et pourquoi, au demeurant, ces deux alliés, le courant aouniste et les Forces libanaises, ne se parlent-ils pas, eux ? Absurde et ridicule protocole ! Et de quoi peuvent discuter le Hezbollah et le courant du Futur, sinon de la grave question de l'implication du Hezbollah aux côtés du régime syrien ? Or on ne sait que trop bien que cet enjeu échappe totalement au pouvoir de décision du parti chiite. Enfin, de quelle crédibilité peuvent encore jouir un Nabih Berry ou un Walid Joumblatt, au terme d'une prorogation de leurs mandats fabriqués avec une aussi grosse ficelle ?


En ce qui concerne la loi électorale, elle est prise en charge par une commission spéciale qui attend le retour au Liban de Marwan Hamadé, représentant de la communauté druze, pour entamer son travail, sachant que la commission – qui a retenu le principe du scrutin mixte majoritaire et proportionnel – a pour mission de procéder à un découpage des circonscriptions électorales de telle sorte que la représentativité des députés soit aussi grande que possible, au sein de leurs communautés. Normalement, le débat sur ce projet de loi doit être achevé avant la fin de l'année.
En tête de l'actualité figurait aussi, hier, le voyage du Premier ministre, Tammam Salam, en Belgique. Un voyage qui s'inscrit dans les cadres des démarches effectuées auprès des pays « amis du Liban », à la recherche de fonds, notamment pour l'armée.

 

Œcuménisme
Heureusement, quelques bonnes nouvelles nous parviennent de l'étranger, qui pourraient, sur le long terme, jouer en faveur de l'unité du Liban. Parmi ces nouvelles, le rapprochement entre catholiques et orthodoxes auquel travaille d'arrache-pied le pape, ainsi que l'assainissement des rapports islamo-chrétiens qu'il s'efforce de concrétiser avec des pays comme la Turquie.
Ainsi, le sixième voyage apostolique du pape François a donné lieu à plusieurs gestes forts, notamment sa visite à la Mosquée bleue, en signe de respect pour les musulmans, rapporte hier Radio Vatican. Pour François, l'objectif principal de ce voyage était aussi de manifester son amitié pour le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée, et son désir de travailler à la communion entre catholiques et orthodoxes.
Reste maintenant aux différents patriarcats orthodoxes d'harmoniser leurs positions dans le dialogue avec l'Église catholique : ce sera l'un des enjeux du Grand Concile panorthodoxe prévu pour 2016. En tout cas, les signes de rapprochement entre les Églises d'Orient et d'Occident se sont multipliés depuis plusieurs décennies, ce que saluent les observateurs, en particulier au Liban.

 

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