L'initiative du chef du courant du Futur, Saad Hariri, en faveur du dialogue n'est pas venue en réponse à l'appel qui avait été lancé par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, pour une prise de langue entre les deux formations. Elle s'inscrit dans la foulée du discours politique haririen, fondé sur le recours à la voie pacifique, au dialogue et à la négociation pour régler les problèmes en suspens. Ce discours fut d'abord celui de Rafic Hariri avant d'être celui de son fils Saad.
Ce dernier avait d'ailleurs déjà montré qu'il optait pour la politique de la main tendue, même lorsqu'il a été éjecté du Grand Sérail, au début de 2011. À l'époque, les composantes du 8 Mars n'avaient pas jugé utile de répondre positivement à l'appel parce qu'elles estimaient que le rapport des forces régional était en leur faveur et qu'il était inutile d'offrir des cadeaux au 14 Mars.
Aujourd'hui, nombre de responsables politiques quatorze-marsistes se rendent bien compte que peu de résultats peuvent être escomptés d'un dialogue avec le Hezbollah, dans la mesure où celui-ci refuse que les thèmes litigieux soient discutés, en particulier sa participation à la guerre en Syrie. Le voudrait-il qu'il ne lui serait pas possible de le faire étant donné que la décision de rester en Syrie ou de s'en retirer est une décision « régionale » qui ne lui appartient pas. Il reste que dans les milieux de M. Hariri, on persiste à croire dans l'utilité de ce dialogue pour contribuer à réduire les tensions entre sunnites et chiites et que cela est devenu urgent en raison de la montée des organisations jihadistes comme l'« État islamique » et ses semblables. Il sera toujours possible d'attendre des circonstances régionales plus propices pour s'atteler à la tâche de trouver des solutions aux différends traditionnels entre les deux parties.
Un diplomate n'en relève pas moins que l'acceptation du courant du Futur et du Hezbollah de se lancer dans une nouvelle session de dialogue dans les circonstances actuelles reflète un climat plus positif prévalant actuellement dans la région où l'on a clairement le sentiment qu'on est entré dans une phase de recherche de solutions politiques aux problèmes qui se posent, à commencer bien sûr par la crise syrienne.
Dans ce contexte, qu'en est-il du sort de l'échéance présidentielle libanaise ? Pour un responsable politique du 14 Mars, deux facteurs continuent d'entraver cette échéance à l'heure actuelle. Le premier réside dans l'absence d'accord entre les principaux leaders chrétiens sur un candidat dont la promotion serait dès lors faite auprès des partenaires musulmans. Ce désaccord est persistant en dépit des tentatives répétées du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, pour débloquer les choses, tentatives qui se poursuivront probablement dans le communiqué attendu demain mercredi de la part des prélats maronites à l'occasion de leur réunion mensuelle.
Le second facteur touche naturellement à la persistance du froid dans les relations entre l'Iran et l'Arabie saoudite et à la volonté de Téhéran de continuer à utiliser la question présidentielle libanaise comme une carte entre ses mains dans le cadre de ses négociations avec la communauté internationale sur le dossier du nucléaire. C'est ainsi que l'Iran a recours au Hezbollah qui, à son tour, mobilise son allié le général Michel Aoun pour s'efforcer de bloquer l'élection présidentielle par la voie du défaut de quorum.
Et pour un diplomate occidental, un rabibochage entre Téhéran et Riyad ne semble pas être pour demain.
Il reste toutefois que le dialogue qui va s'ouvrir entre le Hezbollah et le courant du Futur pourrait être le cadre par lequel passerait finalement l'échéance présidentielle. Comme le note un homme politique du 14 Mars, le secrétaire général du Hezbollah n'a dévoilé le nom de Michel Aoun comme candidat de son parti qu'en appelant, dans le même discours, à la reprise du dialogue avec le camp adverse. Est-ce à dire que le parti chiite est actuellement lancé dans un processus qui serait similaire à celui qui a permis la formation du gouvernement de Tammam Salam, l'hiver dernier ?
On se rappelle qu'à l'époque, le Hezbollah avait fait d'importantes concessions face à l'acceptation par le 14 Mars d'entrer au gouvernement même sans obtenir le retrait du premier de Syrie.
Liban - L’Éclairage
Le dialogue Futur-Hezbollah, passage obligé pour la présidentielle ?
OLJ / Par Philippe Abi-Akl, le 02 décembre 2014 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Pur "cave".... ce hézébbb.... Per(s)cé !
02 h 41, le 03 décembre 2014