Le rouble a repris hier sa descente aux enfers, battant de nouveaux records de faiblesse par rapport à l'euro et au dollar, et assombrissant les perspectives économiques de la Russie au lendemain de la décision de l'Opep de maintenir son objectif de production.
L'euro s'est considérablement renforcé face au rouble, s'établissant dans la soirée à 61,55 roubles pour 1 euro, tandis que le dollar pesait 49,35, à quelques kopecks de franchir une nouvelle dizaine, lui qui s'affichait à 41 roubles un mois plus tôt.
La monnaie russe, qui a plongé depuis fin octobre de 19 et 17 % face au dollar et à l'euro, a perdu un tiers de sa valeur en un an, tirée vers le bas par les sanctions économiques décrétées par les Occidentaux dans la crise ukrainienne et par les cours du pétrole, dont l'État russe tire la moitié de ses revenus.
« Moins la Russie reçoit de pétrodollars, plus le dollar coûtera cher et plus bas tombera le rouble », explique à l'AFP l'analyste Igor Nikolaïev, directeur de la société financière FBK.
« La décision de l'Opep a durement frappé les marchés, comme un cas de salmonellose à Thanksgiving », fête américaine célébrée jeudi, ont ironisé dans une note les analystes de la première banque de Russie, Sberbank.
Le président russe Vladimir Poutine a cependant affirmé ne voir « rien de particulier » dans la décision de l'Opep.
« L'hiver approche, et je suis sûr qu'au premier trimestre, vers le milieu de l'année, le marché sera rééquilibré », a-t-il assuré, selon un communiqué du Kremlin.
La Russie, qui n'est pas membre de l'Opep, s'était pourtant prononcée à plusieurs reprises pour la réduction du plafond de production du cartel afin de freiner la chute des cours du pétrole, qui ont déjà plongé de 30 % depuis la mi-juin.


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