Après l'annonce du verdict dans l'affaire Michael Brown, abattu à 18 ans de six balles par un policier, des émeutes ont éclaté à Ferguson. AFP /Michael B. Thomas
Immeubles incendiés, policiers pris pour cibles, commerces pillés: la ville américaine de Ferguson a connu une nuit d'émeutes et de violences après l'annonce lundi soir de l'abandon des poursuites à l'encontre d'un policier blanc ayant tué en août un jeune Noir désarmé.
Dès l'annonce du verdict prononcé par un jury populaire, les violences ont éclaté dans la petite ville du Missouri (centre) tandis que, de Seattle à New York en passant par Chicago et Los Angeles, des milliers d'Américains descendaient dans les rues pour dénoncer "le racisme qui tue".
A Ferguson, où la mort de Michael Brown, abattu à 18 ans de six balles par un policier, avait déjà déclenché de graves émeutes raciales, les échauffourées ont opposé les manifestants aux forces de l'ordre, d'abord devant le commissariat de police avant de s'étendre dans la ville.
"Pas de justice, pas de paix", scandaient les manifestants en colère, sourds aux appels au calme lancés un peu plus tôt par le président Barack Obama et la famille Brown.
Après trois mois de délibérations, le procureur du comté de Saint-Louis a annoncé lundi soir que l'agent de police, Darren Wilson, ne serait pas inculpé, le jury ayant considéré qu'il avait agi en état de légitime défense après une "altercation". "Il n'y a pas de doute que l'agent Wilson a causé la mort" de Michael Brown, a déclaré à la presse le procureur Robert McCulloch, parlant de "décès tragique". Mais les douze jurés, neuf Blancs et trois Noirs, qui ont mené une instruction "complète et profonde", "ont déterminé qu'il n'y a pas de raison suffisante pour intenter des poursuites contre l'officier Wilson".
"Le devoir d'un grand jury est de séparer les faits de la fiction", a-t-il insisté, rappelant que les jurés avaient entendu une soixantaine de témoins 70 heures durant, examiné des centaines de photos et d'éléments à charge et écouté trois médecins légistes.
"C'est une chose qu'ils ont toujours faite. J'ai 63 ans, j'ai vu cela à l'époque de Martin Luther King. Ils n'ont pas changé et ne changeront jamais", déclarait un homme interrogé par l'AFP dans une rue de Ferguson.
Pat Bailey, une habitante de Saint-Louis à la retraite, s'attendait elle aussi à cette décision: "J'ai vécu suffisamment longtemps pour savoir que les Afro-Américains ne sont pas considérés comme des êtres humains".
Peu après l'annonce de la décision, le président Obama et la famille de Michael Brown ont exhorté la foule à manifester dans le calme et la police à faire preuve de "retenue".
Michael Brown, qui n'était pas armé, a été tué par Darren Wilson d'au moins six balles en plein jour dans une rue de ferguson le 9 août. Une vingtaine de minutes auparavant, le jeune homme avait été filmé dans une supérette en train de voler une boîte de cigarillos. Des témoins avaient affirmé qu'il avait les mains en l'air au moment où le policier a fait feu. Mais, selon le procureur, plusieurs témoins oculaires se sont rétractés devant le grand jury ou ont été contredits par les indices matériels. Le procureur a annoncé que la quasi-totalité des éléments examinés par les jurés seraient publiés.
Dès l'annonce du verdict prononcé par un jury populaire, les violences ont éclaté dans la petite ville du Missouri (centre) tandis que, de Seattle à New York en passant par Chicago et Los Angeles, des milliers d'Américains descendaient dans les rues pour dénoncer "le racisme qui tue".
A Ferguson, où la mort de Michael Brown, abattu à 18 ans de six balles par un policier, avait déjà déclenché de graves émeutes raciales, les échauffourées ont opposé les manifestants aux forces de l'ordre, d'abord devant le commissariat de police...


LE JEUNE NOIR FUT TUÉ PAR "SIX" BALLES... DONC, INTENTION DE TUER ! ET LE VERDICT ?
10 h 03, le 26 novembre 2014