La conférence annuelle de l’Union des banques arabes se tiendra jusqu’à aujourd’hui à Beyrouth. Photo NNA
La conférence annuelle de l'Union des banques arabes (Uba) et de l'Union internationale des banquiers arabes a débuté hier, à l'hôtel Phoenicia, sous le parrainage du Premier ministre, Tammam Salam, de la Banque du Liban (BDL) et de la Banque centrale égyptienne. L'événement, axé sur les perspectives du commerce dans les pays arabes, s'est déroulé en présence des ministres de la Défense, Samir Mokbel, des Finances, Ali Hassan Khalil, de l'Économie et du Commerce, Alain Hakim, de l'Information, Ramzi Jreige, de l'Environnement, Mohammad Machnouk, ainsi que de l'ambassadrice de l'Union européenne, Angelina Eichhorst. Le Premier ministre a souligné dans son discours la « capacité de résistance et d'adaptation des établissements bancaires libanais, notamment grâce à leurs ratios de solvabilité élevés, ainsi que leur faculté à s'adapter aux transformations à l'échelle mondiale ».
Le président de l'Uba, Mohammad Barakat, a établi en ouverture de la conférence que les PIB cumulés des pays arabes, « estimés à environ 2 800 milliards de dollars fin 2013, devraient augmenter à un rythme annuel de 100 milliards environ jusqu'en 2015 ». Il a également souligné une « baisse de la croissance réelle par rapport aux indicateurs de 2012, ainsi que les contrastes qui existent entre les pays, alors que les économistes tablent sur une croissance de 4 % de cette zone en 2014 et de 4,5 % en 2015 ». M. Barakat a ensuite évoqué la fuite de capitaux provoquée par la conjoncture sécuritaire dans la région et matérialisée par une baisse continue des sommes déposées sur les comptes courants dans les pays arabes. « Estimé à 397 milliards en 2012, le total de ces fonds est ainsi passé à 300 milliards en 2013 et devrait continuer à baisser pour atteindre 220 milliards en 2015 », a-t-il ajouté.
M. Barakat a enfin rappelé que l'ensemble des actifs du secteur bancaire arabe avaient été estimés à 3 100 milliards de dollars au premier semestre (en hausse de 8 % sur cette période après une augmentation totale de 10 % pour 2013). Les prêts consentis (1 760 milliards) comptent pour près de 60 % des PIB des pays arabes. « C'est à la lumière de ces données qu'il faut repenser les stratégies économiques des pays arabes pour plus de transparence et une meilleure gestion » a-t-il précisé.
Le président de du comité exécutif de l'Uba, Joseph Torbey a, pour sa part, mis en avant le coût du printemps arabe, estimé à 800 milliards de dollars selon une étude publiée par la banque HSBC. Il a ensuite précisé que le coût du chômage dans les pays arabes est de « 50 milliards de dollars, pour un taux de 17 % de demandeurs d'emploi, dont beaucoup sont de jeunes diplômés ». Il a enfin fait remarquer que le taux de chômage élevé avait été l'un des principaux moteurs du printemps arabe, appelant les pays concernés à harmoniser leurs législations afin de mettre en place un environnement favorable à la stabilité économique.
De son côté, le président de l'Association des banques du Liban, François Bassil, a affirmé qu'il était « inacceptable que le Liban soit satisfait avec un taux de croissance situé entre 1,8 et 2,5 % pour 2014 et 2015, contre 2,6 et 3,8 % pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord ». Il a également rappelé que le déficit de l'État libanais, estimé à 5 milliards de dollars, soit 11 % du PIB du pays, était une des priorités à aborder pour amorcer une éventuelle marche en avant. Enfin, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, est revenu sur les mesures incitatives initiées par l'institution, notamment la mise en place d'un plan de relance d'un montant d'un milliard de dollars en 2015.


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