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Liban - Santé Publique

Bou Faour annonce le lancement du débat autour de la loi sur l’hygiène alimentaire au Parlement

Après la fermeture de l'abattoir de Beyrouth, les appels se multiplient pour la construction d'un autre, plus moderne.

Le ministre de la Santé au cours de sa conférence de presse : « Nous n’accepterons pas une réhabilitation superficielle de l’abattoir de Beyrouth. »

La campagne actuelle menée par le ministre de la Santé Waël Bou Faour sur la sécurité sanitaire des aliments se poursuivra-t-elle ou tombera-t-elle dans l'oubli dans quelques jours ? Telle est la question que tout le monde a sur les lèvres et à laquelle le ministre a répondu hier en réaffirmant, dans sa conférence de presse, que « la supervision se poursuivra de la part des inspecteurs et deviendra un travail de routine ». Il a également révélé, à l'issue d'une réunion avec le président du Parlement Nabih Berry, qu'une date pour une réunion de la commission parlementaire mixte sera fixée aujourd'hui jeudi, avec pour objectif la discussion de la loi sur l'hygiène alimentaire, « une initiative du président de la commission de la Santé Atef Majdalani », a-t-il précisé.


Après le scandale, des mesures sont donc envisagées pour faire de la sécurité sanitaire une politique continue. Beaucoup de voix se sont élevées hier pour revendiquer une loi sur cette question. Le député Atef Majdalani a rappelé hier qu'un tel texte existe depuis longtemps, « mais qu'il n'a pas encore été adopté en raison de l'opposition manifestée par certains ministres qui craignent pour les prérogatives de leurs ministères ». Dans un entretien à la Voix du Liban 93.3, le député a estimé qu'« il a été suggéré au ministre de former un comité d'urgence composé d'experts de différents ministères pour poursuivre le travail lancé par le ministère ». M. Bou Faour a lui-même appelé « à décréter l'état d'urgence sanitaire » au cours de sa conférence de presse.


Outre l'intervention de M. Majdalani, une proposition de loi a été présentée hier par l'ancien Premier ministre Nagib Mikati et par le député Ahmad Karamé sur l'hygiène alimentaire. Les deux hommes ont précisé que ce texte avait été préparé en Conseil des ministres sous la présidence de M. Mikati, mais que la démission du gouvernement avait alors empêché son adoption. Entre autres mesures, cette proposition de loi stipule la création d'un Comité libanais qui serait chargé de ce dossier.

 

(Les listes noires du ministre Bou Faour : ici, ici et ici)

 

Au même endroit...
pas au même endroit !
L'autre actualité qui a marqué ce même dossier hier a été la décision de fermeture, par le mohafez de Beyrouth Ziad Chbeib, de l'abattoir de Beyrouth, dont les pratiques et l'état général faisaient polémique depuis des années. Cette décision stipule que les travaux de réhabilitation doivent commencer illico, que l'activité de l'abattoir doit cesser jusqu'à la fin de ces travaux, et que les services d'ingénierie et d'abattoirs à la municipalité de Beyrouth sont chargés de suggérer un site pour un nouvel abattoir.
En réaction à cette décision, le ministre Bou Faour a déclaré hier que les ministères de la Santé et de l'Agriculture « présenteront au Conseil des ministres demain (aujourd'hui) une proposition sur la nécessité de charger le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) de construire un abattoir moderne au même endroit ». « Cette mesure ne coûtera pas beaucoup d'argent et ne nécessite pas beaucoup de temps, a-t-il poursuivi. Nous n'accepterons pas que les mesures de réhabilitation de l'abattoir restent superficielles, ce problème nécessite une solution radicale. » Une autre mesure que proposeront les deux ministères portera sur la création d'une institution pour la sécurité sanitaire des aliments.

 

(Lire aussi: Sûreté alimentaire au Liban : un diagnostic inquiétant)


Pour sa part, dans un tweet, le député Walid Joumblatt, chef du Front de lutte nationale (bloc parlementaire auquel appartiennent les ministres de l'Agriculture et de la Santé), a déclaré qu'« un nouvel abattoir sera construit au même endroit à Beyrouth loin des pressions politiques qui avaient empêché (l'ancien Premier ministre) Saad Hariri de réaliser cela des années plus tôt ». En réponse, le député Nadim Gemayel a manifesté son refus d'un abattoir au même endroit, également dans un tweet. Ce auquel M. Joumblatt a répondu « qu'il n'y a malheureusement aucun autre endroit disponible ».


Toujours en réaction à la fermeture de l'abattoir, le président du conseil municipal de Beyrouth Bilal Hamad a déclaré que « la solution idéale serait de construire un abattoir moderne ». « Le conseil municipal planche actuellement sur plusieurs suggestions, mais en attendant, les travaux de réhabilitation sont indispensables », a-t-il poursuivi.

 

(Pour mémoire : Scandale alimentaire : le coup de grâce à un secteur en souffrance ?)

 

De nouveaux critères
Sur un autre plan, le ministre du Tourisme Michel Pharaon a rencontré une délégation du syndicat des propriétaires de restaurants sous la présidence de Tony Rami, pour discuter du dossier de l'hygiène alimentaire. M. Rami a précisé avoir soulevé avec M. Pharaon, comme il l'avait fait avec M. Bou Faour auparavant, des principes d'orientation et des critères préparés par le syndicat avec une société de consultation en 2012. Il s'est félicité de la réaction positive des responsables à ces suggestions.
À noter que les syndicats des employés d'hôtels et des cuisiniers ont déclaré hier soutenir la campagne de M. Bou Faour.


De son côté, le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb, qui recevait une délégation du syndicat pour l'amélioration de l'élevage des poulets, a assuré que son ministère faisait son possible pour assurer la sécurité sanitaire, notamment en ce qui concerne la qualité des poulets d'élevage.
La campagne du ministre de la Santé a apparemment des conséquences palpables sur le terrain : une sandwicherie à Halba, au Akkar, dans laquelle plusieurs personnes ont été empoisonnées et hospitalisées, a été fermée hier en soirée.

 

Pour mémoire

Folie douce, la chronique de Nagib Aoun

Les pourritures terrestres, l’éditorial de Issa Goraieb

#foodporn, l'article de Ziyad Makhoul

Vous avez dit bizarre !, le billet d'Anne-Marie el-Hage

La campagne actuelle menée par le ministre de la Santé Waël Bou Faour sur la sécurité sanitaire des aliments se poursuivra-t-elle ou tombera-t-elle dans l'oubli dans quelques jours ? Telle est la question que tout le monde a sur les lèvres et à laquelle le ministre a répondu hier en réaffirmant, dans sa conférence de presse, que « la supervision se poursuivra de la part des inspecteurs et deviendra un travail de routine ». Il a également révélé, à l'issue d'une réunion avec le président du Parlement Nabih Berry, qu'une date pour une réunion de la commission parlementaire mixte sera fixée aujourd'hui jeudi, avec pour objectif la discussion de la loi sur l'hygiène alimentaire, « une initiative du président de la commission de la Santé Atef Majdalani », a-t-il précisé.
Après le scandale, des mesures sont...
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